Nelson Peltz invité à s'asseoir au board de Legg Mason
28/10/2009 | 06:00 Nelson Peltz soigne son image d'activiste au grand coeur. Le patron du fonds Trian n'aura pas eu besoin d'entamer une couteuse joute pour entrer au conseil d'administration de Legg Mason. Au contraire, Peltz est accueilli chaleureusement par les dirigeants, même s'il a dû déposer ses armes à l'entrée.
Nelson Peltz va prochainement occuper un siège au conseil d'administration de Legg Mason, un des principaux fonds communs de placement du globe. Pour Peltz, nul besoin de batailler dans un de ces "proxy contest", où les directions opérationnelles freinent des quatre fers pour empêcher un activiste financier de s'asseoir à la table.
Au contraire, Nelson Peltz est accueilli à bras ouverts par la direction actuelle, qui entend bien "bénéficier de ses conseils et de son expérience". Signe des temps : les activistes financiers, anciennes bêtes noires des directions opérationnelles, peuvent désormais passer pour des hommes providentiels.
À travers sa firme Trian Fund Management, Peltz a acquis discrètement 4,3% du capital de Legg Mason. En échange de son arrivée au conseil d'administration, Nelson Peltz s'engage à ne pas monter au-delà de 9,9% du capital sur les deux prochaines années et promet sur cette période de voter pour le renouvellement des administrateurs en place.
Temps difficiles pour Legg Mason
À la tête de près de 700 milliards de dollars d'actifs, la société a vu son cours de Bourse s'effondrer aux pires moments de la crise, pour finalement remonter à un niveau acceptable, gagnant environ 45% sur un an.
La firme fondée par Raymond Mason s'était aventurée dans les SIV, ces véhicules d'investissement basés sur des garanties hypothécaires, des produits complexes, véritables bombes à retardement... qui ont explosé au moment de la crise immobilière.
Avec la crise, un des principaux fonds de Legg Mason, le Value Trust Fund géré par Bill Miller, a perdu 72% de sa valeur en 18 mois, alors qu'il affichait des performances record depuis 15 ans.
Nelson Peltz, qui se présente non pas comme un activiste mais comme un investisseur constructif, est néanmoins connu pour acquérir des participations importantes dans des sociétés cotées et amener les dirigeants à réaliser des opérations favorisant l'augmentation du cours.
Et en matière de persuasion, l'homme ne lésine pas sur les moyens à employer, allant jusqu'à harceler les dirigeants par téléphone, tard dans la nuit, pour leur faire part de la moindre idée qui lui viendrait à l'esprit.
Nelson Peltz va décidément avoir de quoi s'occuper. Actionnaire à la fois de Kraft Food et Cadbury, Peltz aurait joué un rôle non-négligeable pour inciter le premier à tenter un raid sur le second. En 2007, Nelson Peltz avait conclu un « pacte de non-agression » avec Kraft, s'engageant à ne pas émettre de critiques publiques sur la direction du groupe.
Or, il se trouve que ce pacte arrive à expiration... le vendredi 30 octobre.
© Zonebourse.com 2009 / Crédit photo © Maxppp