Vers un ticket Peltz-Ackman pour reprendre Family Dollar ?
29/09/2011 | 13:00 En mars dernier, le management de Family Dollar a repoussé une offre de rachat émanant de Trian Group, le hedge fund de Nelson Peltz. Depuis, le cours de Bourse a prospéré, un parcours auquel William Ackman n’est certainement pas étranger, après avoir doublé sa participation dans la chaîne de magasins discount. De là à envisager une alliance Peltz-Ackman pour racheter cette dernière, il n’y a qu’un pas...
Début mars, le conseil d’administration de
Family Dollar, deuxième chaîne américaine de magasins à prix discount, a brutalement écarté une pourtant séduisante offre de reprise de
Nelson Peltz, qui avait proposé 7,6 milliards de dollars. Raison invoquée : l’offre du milliardaire d’Atlanta « sous-évaluait significativement » sa cible. Second camouflet dans la foulée pour notre baron, le management a adopté une « poison pill », ou pilule empoisonnée, consistant à empêcher tout actionnaire de détenir plus de 10% des actions.
Depuis, le titre Family Dollar a poursuivi son bonhomme de chemin. Aujourd’hui, il se situe à plus de 54 dollars, contre 43 dollars au moment où
Nelson Peltz a lancé son offensive (en proposant jusqu’à 60 dollars l’action). Surtout, il apparait que l’action a bondi de 21% sur les 7 dernières semaines, date à laquelle le patron de Pershing Square Capital,
William Ackman, a révélé avoir doublé ses positions sur la chaîne de magasins.
De là, certains analystes se sont alors mis à envisager un ticket gagnant Ackman-Peltz pour reprendre
Family Dollar. « Il y a une forte probabilité que cela se fasse », confie notamment un stratège chez Tullett Prebon. Et d’ajouter : « Dollar General [numéro un du commerce discount, propriété de KKR] est le plus logique des acheteurs, mais il pourrait aussi y avoir une discussion entre Peltz, Ackman et Howard Levine [le patron de Family Dollar] et le conseil d’administration en vue d’un rachat ».
William Ackman a certes assuré que sa participation serait « passive », jugeant le cours de l’action « bon marché » et « attractif » en vue d’un possible LBO. Connu pour viser des entreprises sous-évaluées, il l’est aussi pour gâter l’actionnaire. De son côté, Nelson Peltz achète des parts d’entreprise, s’agite pour demander des changements stratégiques pour améliorer la valorisation, mais n’achète que très rarement des actifs dans leur totalité. De fait, les stratégies de nos deux barons ne sont pas si éloignées, comme d’ailleurs leur intérêt pour
Family Dollar...
Il faut dire que la cible éventuelle se porte bien. A la tête de près de 7 000 magasins dans 44 Etats, Family Discount ouvre entre 300 et 500 magasins par an depuis 2005, et profite évidemment de la crise pour attirer de plus en plus de clients, aguichés par les prix cassés pratiqués. Ses revenus s’établissent à 8,5 milliards de dollars sur la période 2010-2011, en progression de 8,5%.
© Zonebourse.com 2011 / Crédit photo © Maxppp