Le patron de Basic Element, artisan du rapprochement entre la Chine et la Russie
05/08/2011 | 16:00 Alors qu’en 2009, la Chine est devenue, à la place de l’Allemagne, le premier partenaire commercial de la Russie, les perspectives ne semblent avoir jamais été aussi bonnes entre les deux pays, et Oleg Deripaska est en première ligne.
Ce rapprochement prometteur passe par le développement d’un des espaces les plus inhospitaliers de la planète : la Sibérie. Cette gigantesque région de 13,1 millions de km2, « d’une chaleur intolérable l’été et d’un froid insupportable l’hiver » selon les termes de Dostoïevski, voit ses investissements augmenter fortement depuis 2009, contrairement au reste de la Russie où les investisseurs se font plus hésitants.
La spectaculaire croissance du voisin chinois pourrait ainsi profiter à la région et à la Russie, riche d’inépuisables ressources naturelles.
Oleg Deripaska n’hésite pas à déclarer à la BBC à ce propos : « Je ne vois pas comment nous pourrions rater cette opportunité ». « Le PIB des provinces sibériennes pourrait tripler d’ici 15 ans » rajoute même le patron d’EuroSibEnergo, plus grande compagnie d’électricité privée du pays qui produit 8% de l’énergie en Russie.
60 milliards de kilowattheures d’ici 2020
Une société qui va bientôt inaugurer un quatrième barrage hydroélectrique sur le fleuve Angara, charriant les flots du Lac Baikal. Le barrage de Boguchanskaya, en construction depuis 2009, devrait commencer à produire de l’électricité au printemps prochain. Avec les trois autres barrages de la région (Irkoutsk, Bratsk, Oust-llimsk), il devrait fournir près 60 milliards de kilowattheures par an à la Chine d’ici 2020. Il faut dire que Pékin ne cesse de voir sa consommation d’électricité augmenter, celle-ci a bondi de 14,6% rien qu’en 2010.
Mais l’électricité d’
Oleg Deripaska n’est pas le seul produit que Moscou vend à Pékin. Depuis son inauguration le 1er juin, un oléoduc reliant la Sibérie orientale au Pacifique a acheminé près de 6 millions de tonnes de pétrole russe dans l’Empire du Milieu.
Mais, même si l’avenir de la Sibérie s’annonce plutôt rose, sera-t-il russe pour autant ? La population locale s’inquiète en effet des nombreux émigrants chinois venus s’installer dans la région, prêts à travailler pour deux fois moins cher qu’un ouvrier russe. Ils sont déjà des dizaines de milliers à vivre, légalement ou non, en Sibérie orientale. En parallèle, on estime que la population russe dans la région devrait chuter à 4,5 millions en 2015, ce qui correspond à un quart des habitants de Pékin…
En 2000, le romancier Tom Clancy, auteur du célèbre « Octobre Rouge », avait publié « L’Ours et le Dragon », ouvrage dans lequel l’Armée Populaire de Libération chinoise envahissait la Sibérie. Ce scénario catastrophe de politique-fiction semble encore plus improbable avec le renforcement des liens économiques entre Moscou et Pékin. De plus, n’est-ce pas le fleuve Amour qui sépare les deux pays ?
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