Le projet de centrale nucléaire d’Eurosibenergo s’attire les foudres de Greenpeace
18/08/2011 | 12:00 Un groupement d’ONG, dont Greenpeace et la fondation norvégienne Bellona, a formulé de nombreuses critiques contre le projet de la filiale d’EN +, le groupe d’Oleg Deripaska, visant à développer une centrale expérimentale en Russie, celle-ci devant être exportée dans le monde entier.
Eurosibenergo, filiale d’EN+ et partie intégrante de l’empire d’
Oleg Deripaska, a formé une joint-venture avec Rosatom, entreprise d’Etat ayant le monopole du nucléaire en Russie. Le nouveau-né baptisé Akme-Ingineering, est apparu en décembre 2009 avec pour objectif de construire des réacteurs nucléaires.
Les deux entreprises partenaires n’ont pas tardé à annoncer un plan pour construire un réacteur expérimental de 100 mégawatts à Dmitovgrad, au sud de la partie européenne de la Russie, d’ici 2019.
En cas de succès, Rosatem et EN+ serait en mesure de produire des réacteurs nucléaires « clé en main » et pouvant être livrés partout dans le monde, et en particulier dans les régions isolés ayant des difficultés à se connecter aux réseaux existants. La société d’Oleg Deripaska ne cache pas ses ambitions : s’emparer de 10 à 15% du marché des petits et moyens réacteurs nucléaires. Pour l’AIEA, il existerait en effet une demande de 500 à 1000 pour des réacteurs de ce type d’ici 2040.
Un projet inquiétant selon Greenpeace
Ce nouveau réacteur compte adopter un système de refroidissement au plomb-bismuth, semblable à celui utilisé sur les sous-marins nucléaires soviétiques de la fin des années 1960 au début des années 1990, il s’agit là d’une grande première pour le nucléaire civile.
Et c’est précisément ce qui inquiète Greenpeace et les autres ONG, car ce système de refroidissement aurait pour particularité de provoquer une trop grande accumulation de Polonium 210. Cet élément radioactif mortel et extrêmement dangereux, tristement célèbre pour avoir tué l’ancien agent du KGB Alexandre Litvinenko à Londres en 2006.
« Le polonium, formé suite à l’irradiation du bismuth, augmente considérablement la radioactivité du liquide de refroidissement. C’est pourquoi la moindre dépressurisation du réacteur, même minime, à de graves conséquences pour les populations et l’environnement » a déclaré sur le site de Greenpeace Russie Alexandre Nikitine, chef de l’antenne Bellona à Saint-Pétersbourg et… ancien commandant de sous-marin.
Le rapport des ONG précise que la région de Dmitovgrad où se trouve la centrale est « sensible au niveau sismique » et si la faille se révèle active, la centrale deviendra illégale en vertu de la loi russe. De leur côté, EN+ et Rosatam ont déclaré que la technologie employée était éprouvée et sûre, ils ont également mis en avant sa propreté en comparaison d’une centrale semblable mais fonctionnant au charbon. Un argument qui est loin d’avoir convaincu Greenpeace et ses partenaires…
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