Oleg Deripaska entend bien fournir la Chine en aluminium
30/08/2010 | 13:00 Le milliardaire russe à la tête de Rusal, le numéro un mondial de l'aluminium, a écrit cette semaine un article dans la rubrique Business Asia du Wall Street Journal. Une jolie fenêtre pour mettre en exergue les avantages comparatifs de Rusal dans le commerce de l'aluminium avec la Chine.
Bien sûr,
Oleg Deripaska admet que la Chine, avec sa nouvelle posture de deuxième économie mondiale, à toutes les cartes en main pour s'imposer comme "une force inflexible de la nature" en ce qui concerne les industries lourdes. Ces industries nécessitent une forte mobilisation en capitaux et en travailleurs, et il est clair que la Chine a le mérite de rassembler ces atouts. Seulement voilà, l'oligarque russe refuse de voir cette position hégémonique comme une fatalité.
Pour lui, l'économie industrielle chinoise est "complexe" et l'industrie de l'aluminium en est un symbole. Oui, la Chine est aujourd'hui le premier producteur et le premier consommateur mondial d'aluminium. La Chine produit 1/3 de la production mondiale. Petit bémol : 25% du volume d'aluminium produit en Chine n'est pas rentable. Pour
Oleg Deripaska, les partenaires commerciaux de la Chine, notamment la Russie, ont toutes leurs chances de s'imposer sur ce marche à condition qu'ils parviennent à explorer les opportunités liées au marché très lucratif des industries lourdes.
Les débouchés du marché chinois en termes de consommation d'aluminium sont immenses, et ça
Oleg Deripaska l'a bien compris. L'industrialisation et l'urbanisation rapides du pays ont boosté la demande d'aluminium. Cette matière première est nécessaire pour la fabrication des câbles internet, des voitures ou encore des immeubles. Autant dire que cette matière première semble promise à un bel avenir en Chine.
Aluminium is a different game
Oui mais voilà, la Chine rencontre des difficultés pour satisfaire cette demande. Car, si le pays est réputée pour être un gros producteur d'acier, de produits électroniques et de biens manufacturés, la production d'aluminium répond à des enjeux différents. En effet, la production d'aluminium requiert l'accès à d'importantes ressources énergétiques.
Le milliardaire russe, afin d'appuyer son propos, compare la quantité d'énergie qu'il faut pour produire une tonne métrique d'aluminium (17,4 mégawatts-heures d'électricité) et la quantité nécessaire pour fondre une tonne d'acier (5,7 MWh d'électricité). Or, la Chine demeure fortement dépendante du charbon pour répondre à ses besoins en électricité. Et le charbon n'est ni rentable, ni respectueux de l'environnement.
Cet argument permet à
Oleg Deripaska d'enfoncer le clou et de mettre en avant tous les avantages de Rusal. Tout d'abord, son groupe bénéficie d'un accès à l'hydroélectricité bon marché, d'un approvisionnement en énergie écologique car renouvelable, et de faibles coûts de transport. L'emplacement de ses usines est à seulement 500 km de la frontière chinoise.
Les objectifs du milliardaire sont clairs, explorer au maximum ses avantages afin de s'imposer sur ce marché lucratif, et ce, même si la Chine apparait comme leader dans le secteur des industries lourdes.
Oleg Deripaska ambitionne d'augmenter ses ventes d'aluminium à la Chine de 50%. Au moins, les choses sont dites.
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