Oleg Deripaska revient en force sur la scène industrielle russe
24/11/2009 | 11:00 Oleg Deripaska, milliardaire prodige (et sulfureux), monté à l'aube de l'ère Poutine, était depuis quelques temps en bisbille avec le pouvoir russe. Mais en une semaine, la tendance semble s'être totalement inversée. Rusal va bénéficier d'un apport en capital de la banque d'État et va trouver de nouvelles ressources... un peu plus à l'Est. Sur les deux rives du fleuve Amour, l'ami Oleg suscite décidément de doux sentiments.
Ancien intime de Vladimir Poutine, c'est à nouveau auprès du premier ministre russe qu'Oleg Deripaska pourrait trouver refuge. Plombé par une dette gargantuesque (16,8 milliards de dollars), le groupe d'aluminium Rusal, propriété de l'oligarque, va tenter de lever prochainement 2,5 milliards de dollars en s'introduisant sur les Bourses de Paris et Hong Kong.
A cette occasion, la banque publique russe VEB, dont le président du conseil d'administration n'est autre que Vladimir Poutine, pourrait acquérir une participation allant jusqu'à 3% du capital de Rusal, pour 326 à 419 millions d'euros.
Aucune décision officielle n'a été annoncée mais le conseil de VEB s'est réuni la semaine passée. Les administrateurs devaient étudier la possibilité d'emprunter la somme nécessaire à l'investissement au Fonds de prospérité nationale, détenu en partie par VEB et alimenté par les impôts sur les recettes pétrolières.
La banque est par ailleurs une des principales créancières de Rusal, auquel elle a accordé un crédit de 4,5 milliards de dollars dans le cadre d'un plan de soutien aux industries russes. Cette ligne de crédit a été prolongée d'un an en octobre dernier, Deripaska n'étant pas encore parvenu à renégocier les termes de sa dette dont une petite moitié est détenue par les banques étrangères.
Love story à Moscou
Selon une source citée par le Financial Times (20/11), l'investissement de VEB pourrait représenter une véritable bouffée d'oxygène pour Deripaska. Au-delà de la somme avancée par la banque, c'est surtout la portée symbolique de l'opération qui importe.
En prenant une partie du capital de Rusal, la puissance publique russe s'affirme en soutien du groupe d'aluminium. La menace d'une nationalisation de Rusal semble du coup s'éloigner.
Et les relations entre l'oligarque et le Kremlin pourrai s'apaiser, après les sorties particulièrement critiques de Poutine et Medvedev contre la politique sociale de Deripaska. Dans plusieurs de ses filiales, celui-ci a en effet été conduit à réduire les effectifs ou à reporter le paiement des salaires.
D'ailleurs, la bonne nouvelle a déjà eu ses effets. Selon certaines sources, les patrons de Rusal pourraient rencontrer à nouveau les banques pour finaliser (enfin) un accord de restructuration de la dette.
Pékin à la rescousse
A travers la double introduction en bourse de son groupe, Deripaska cherche à séduire à la fois les investisseurs russes et chinois. Et il semble que la mission soit en bonne voie. Selon la presse chinoise, lors de l'introduction à Hong Kong, le géant de l'aluminium Chinalco pourrait prendre une participation conséquente dans le capital de Rusal.
Et les bonnes nouvelles n'arrivant jamais seules, Rusal pourrait conclure, le 25 novembre, un accord avec China North Industries Corp pour le prépaiement de 3 milliards de dollars sur de futures commandes d'aluminium.
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