Patrick Thomas n'entrevoit pas la sortie de crise
09/10/2009 | 06:00 Le gérant d'Hermès sombre lui aussi aux sirènes du pessimisme ambiant. Dans un récent entretien accordé au Financial Times, Patrick Thomas fait part de ses prévisions à court et moyen terme. Il fait également le point sur les rumeurs autour d'Asprey et sur l'actionnariat du groupe.
Le constat, simple mais lucide, se veut plutôt morose. « Nous sommes en pleine crise et, malheureusement, il n'y a pas de rebond massif à attendre à court terme ». À moyen terme non plus : « Mes prévisions pour les 15 mois à venir sont plutôt pessimistes ». En cause selon lui, la faible persistance du marché japonais du luxe, sur lequel Hermès réalise environ 30% de ses ventes.
En revanche, le groupe de luxe enregistre de bonnes performances en Asie, en particulier en Chine, où les ventes « bondissent », ainsi qu'en Europe. Aux Etats-Unis, « la tendance demeure légèrement positive », a indiqué Patrick Thomas.
Pour l'année en cours, Hermès table sur une croissance de son chiffre d'affaires légèrement inférieure à 10% (à taux de change constant), tout en maintenant le rythme d'ouverture de nouveaux magasins (une douzaine par an). Le groupe s'attend à une « légère contraction » de son résultat opérationnel en 2009 (449 millions d'euros en 2008).
Hermès rachète l'immeuble londonien d'Asprey
Par ailleurs, alors qu'Hermès vient d'acquérir un immeuble appartenant à Asprey, situé sur la très chic New Bond Street à Londres, Patrick Thomas a assuré qu'il n'était pas question de racheter tout ou partie du joailler. La transaction immobilière se serait élevée à environ 80 millions d'euros, selon le Financial Times.
Le gérant d'Hermès a également démenti les rumeurs prêtant aux actionnaires familiaux du groupe l'intention de vendre leurs parts. « La famille n'est pas sur le point de vendre. Je ne dirai jamais 'jamais', mais honnêtement, ce ne sera pas pour cette génération », a-t-il répliqué.
Sur un tout autre sujet, le gérant de la maison de la rue du Faubourg Saint-Honoré a concédé que le timing de son récent partenariat pour fabriquer un yacht à plusieurs dizaines de millions d'euros avec l'italien Wally, pouvait paraître déroutant. « C'est une idée folle, mais c'est pour cela que nous l'avons fait, parce qu'être déraisonnable de temps à autres débouche sur des ventes bien réelles. Donc pourquoi pas ? »
Rappelons que le yacht en question, baptisé WHY (Wally Hermès Yachts) affiche des dimensions hors normes (58 mètres de long et 38 mètres de large) et qu'il est équipé d'une piscine de 25 mètres de long. Dans ces conditions, on se demande comment Patrick Thomas s'y prend pour être si pessimiste...
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