Patrick Thomas vogue avec Hermès vers les yachts de luxe
21/10/2009 | 11:00 Patrick Thomas est à la tête d'une maison dont le pilotage demande un doigté tout particulier. Hermès est une maison de luxe qui s'est concentrée sur un travail de niches, basé sur un artisanat hautement qualifié. La tâche de Patrick Thomas est de diversifier l'entreprise tout en conservant son caractère d'excellence.
Hermès entend décliner le luxe sous toutes ses formes. Le prestigieux groupe s'est associé à un audacieux cavalier seul de la construction navale, l'Italien Luca Bassani, pour concevoir et fabriquer une nouvelle ligne de yachts de luxe.
Bassani est connu pour afficher une originalité remarquable dans le design des navires de sa firme, Wally. Wally donne d'ailleurs la première lettre du projet mené avec Hermès, "WHY", pour Wally-Hermès-Yachts.
Embarqué par un vol spécial à destination d'Ancône, sur l'Adriatique, les reporters du Monde (17/10) ont eu droit à une charmante visite guidée du chantier naval d'où sortiront (peut-être) les futurs palaces flottants.
Patrick Thomas, premier administrateur d'Hermès qui ne soit pas issu de la famille fondatrice, n'est pas un homme frileux devant l'innovation. En 2007, il présentait aux Échos sa feuille de route : « Nous devons aller chercher d'autres clientèles, tant en âge, en CSP qu'en nationalités, le tout en restant sur l'ADN d'Hermès ».
À l'époque, ce navigateur amateur et néanmoins chevronné, avait sûrement déjà en tête une diversification vers le nautisme haut de gamme.
La conception du navire a été pilotée par Bassani et Pierre-Alexis Dumas, patron de la marque Hermès. Et les deux hommes n'ont pas lésiné sur l'originalité. Le yacht - il s'agit en fait d'une maquette grandeur nature pour l'instant - est doté de proportions pachydermiques : 38 mètres de large sur 58 mètres de long.
Sa surface habitable court sur 3.400 m2, de quoi accueillir 12 passagers et 20 hommes d'équipage ou de service. Certes, tous les modèles devraient comporter au moins une piscine et un héliport - le minimum vital pour un milliardaire qui sait recevoir -, mais la taille et les équipements du navire seront totalement modulables et adaptables aux désirs de l'acheteur.
L'amour du sport
Le navire se distingue en outre par son aspect écologique. Nul besoin d'utiliser abusivement l'éclairage électrique avec les 300 m2 de fenêtres et les puits à lumière du navire. Sur le pont supérieur, 900 m2 de panneaux solaires thermovoltaïques permettent d'utiliser deux fois moins de fioul que sur un yacht classique et le navire peut hisser une voile de propulsion géante conçue tout spécialement.
Avec un prix équivalent à un ou deux chasseurs Rafale, le navire n'a pas encore été vendu, même s'il suffirait d'une seule commande pour rendre l'aventure rentable. Mais quoi qu'il en soit, Patrick Thomas est beau joueur : « Arrivant au creux de la vague financière, rien ne nous dit que nous trouverons des clients, même si l'on sait que les grandes fortunes, même réduites, restent des grandes fortunes (...) Si nous n'en vendons pas parce que la forme s'avère trop en rupture avec le modèle traditionnel du yacht, nous aurons au moins fait avancer la réflexion sur ce que peut être un bateau de plaisance ».
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