Paul Allen tente de sauver Charter
24/03/2009 | 06:00 Paul Allen, cofondateur de Microsoft, avait tenté en 1998 l'aventure des câblo-opérateurs en reprenant Charter, une jeune compagnie aux grandes ambitions. Aujourd'hui, et après avoir investi près de 7 milliards dans la firme, Paul Allen doit trouver de l'aide. Le chevalier blanc s'appelle - paradoxalement - Leon Black.
Charter a pris son envol trop vite et trop haut
L'entreprise dirigée par Paul Allen cherche actuellement à se placer, d'ici au 1er avril, sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les faillites. La compagnie va lever par ce moyen 8 milliards de dollars, de quoi éponger une partie de sa dette, particulièrement enflée : 21 milliards de dollars.
Le groupe paie aujourd'hui la fièvre de sa jeunesse. Charter a enregistré une croissance extrêmement rapide en multipliant les acquisitions financées par emprunts. Mais la crise est passée par là, et Charter a annoncé une perte de 1,495 milliard de dollars sur le dernier trimestre.
Pour sortir de l'ornière, Paul Allen va accorder une place un peu plus importante à un fonds d'investissement.
Le vaisseau Apollo monte en puissance dans Charter
Dans le cadre du plan de redressement, le fonds Apollo piloté par Leon Black, va acquérir une participation « significative » dans le capital de Charter Communications Inc, quatrième câblo-opérateur des États-Unis. Pour accroître sa présence dans le capital, Leon Black va convertir ses créances en actions.
Les analystes estiment que le fonds Apollo devrait être un des plus agressifs dans la stratégie qui consiste à prendre le contrôle des sociétés en « détresse », mises en difficultés par la crise économique.
Leon Black a d'ailleurs annoncé la couleur sur ce sujet : son nouveau fonds, doté de la bagatelle de 15 milliards de dollars, investira environ 25% de ses encours dans l'acquisition d'entreprises au travers de leurs dettes.
Une coûteuse aventure pour Paul Allen
Selon les proches du dossier cités par le Wall Street Journal, les titres acquis par Apollo ne fourniront au fonds d'investissement ni la majorité, ni le contrôle de l'entreprise. Paul Allen reste en effet le principal actionnaire et conserve la majorité des droits de vote, soit environ 35%.
Paul allen n'est pas rancunier : bien que Charter n'ait jamais réussi à être bénéficiaire depuis son introduction en Bourse, en 1999, le Pdg devrait conserver dans son équipe le directeur général Neil Smit et le directeur exécutif Michael Lowett.
© Zonebourse.com 2009 / Crédit photo © Maxppp