Ratan Tata prêt à passer la main
06/09/2010 | 10:00 La Tribune parle d'un "coup de théâtre pour le business mondial". Ratan Tata, le discret dirigeant de l'empire Tata se dit en effet prêt à prendre sa retraite. A 72 ans, ce milliardaire indien, élu business man de l'année en 2005 par le magazine Forbes, souhaite profiter de la vie et s'adonner à sa passion initiale : l'architecture. Portait d'un homme ambitieux.
Dès ses débuts,
Ratan Tata fait preuve d'une certaine détermination en déclinant une offre d'IBM pour rejoindre la branche acier du groupe Tata. En 1977 Ratan prend la direction de l'usine textile. Visionnaire, il souhaite moderniser l'usine, mais le groupe lui refuse le soutien financier et l'usine ferme.
Autant dire, que lorsqu'il prend la tête du groupe en 1991, il est bien décidé à restructurer l'entreprise et à la développer. Cette croissance externe passe tout d'abord par le rachat, en 2000, de Tetley Tea, le fabricant de thé anglais. Sept ans plus tard, il jette son dévolu sur le groupe anglo-néerlandais Corus (anciennement British Steel) spécialiste de l'acier et de l'aluminium. Il l'acquiert pour 2,6 milliards de dollars.
Un an plus tard, le milliardaire indien poursuit sa stratégie de diversification en misant, cette fois ci, sur l'acquisition de deux constructeurs mythiques de voitures sportives et luxueuses : Jaguar et Land Rover pour 2,3 milliards de dollars.
Cette stratégie a permis au conglomérat de multiplier par 13 le chiffre d'affaires du groupe et de s'imposer comme leader mondial dans les secteurs de l'acier, avec Tata Steel, de l'automobile, avec Tata Motos, et des télécommunications avec Tata Telecoms. Le groupe, comptant 350 000 salariés, a ainsi réalisé 71 milliards de dollars de ventes annuelles et 5,4 milliards de dollars de profits.
Cette belle trajectoire professionnelle,
Ratan Tata en est fier. Il ne veut cependant pas, selon ses termes, prendre sa retraite "dans une petite boite ou en chaise roulante". C'est pourquoi il a officiellement ouvert sa succession cet été. Ce célibataire sans enfant avait déjà annoncé qu'il prendrait sa retraite en 2012. Il compte bien profiter de la vie, ouvrir un cabinet d'architecture et jouir de ses trois passions : ses chiens, ses livres et conduire ses avions. Après tout, même les plus grands businessmen ont le droit à la retraite !
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