Yucaipa Company pourrait contrarier le rachat de Barnes & Noble
19/07/2011 | 07:00 Un an après le lancement de son processus de vente, la chaine américaine de librairies Barnes & Noble semble toucher au but, avec l’offre de Liberty Media. Une incertitude toutefois : le positionnement du fonds de Ronald Burkle, Yucaipa Company, important actionnaire du libraire, qui pourrait ne pas se satisfaire du prix offert.
Un milliard de dollars : c’est la somme offerte par le fonds de John Malone,
Liberty Media, pour mettre la main sur
Barnes & Noble. Cette offre valorise l’action du libraire américain à 17 dollars, soit à peu de choses près sa valeur au début du processus de vente, il y a un an. Selon les observateurs de ce dossier, aucune offre ne viendra rivaliser avec celle de
Liberty Media, ce qui explique l’atonie du titre sur 12 mois.
Barnes & Noble n’est pas dans une forme resplendissante (74 millions de dollars de pertes sur l’exercice 2010-2011, dont 59 millions sur le dernier trimestre), mais de belles perspectives s’offrent à lui, avec l’explosion des ventes de livres numériques, les fameux Nook (+65% sur l’année). Cette nouvelle manne vient compenser la fermeture de 200 magasins Borders sur la période. Le chiffre d’affaires atteint au passage un niveau record de 7 milliards de dollars.
Le président fondateur du libraire, Leonard Riggio, également titulaire de 30% du capital, a assuré qu’il ne pouvait imaginer meilleur partenaire que
Liberty Media. D’autant que le fonds de John Malone a prévenu qu’il était en mesure d’augmenter (modestement) la somme proposée pour convaincre définitivement le conseil d’administration.
Une moins-value pour Burkle ?
Mais tout n’est pas aussi simple. Yucaipa Company, le fonds de
Ronald Burkle, deuxième actionnaire à la tête de 19,7% des titres
Barnes & Noble, pourrait ainsi ne pas être très conciliant. Les analystes soulignent en effet que Yucaipa a acheté ses titres, à partir de 2009, à un prix compris entre 18 et 21 dollars. Or, l’offre ne valorise l’action qu’autour de 17 dollars, ce qui signifierait une moins-value pour
Ronald Burkle si l’opération se concrétise.
Reste à déterminer où le curseur s’arrêtera, sachant qu’aucun chevalier blanc ne devrait se présenter pour améliorer les conditions de ce rachat. De l’avis de nombreux observateurs du dossier, Yucaipa Company n’aura d’autre choix que de rejoindre une opération qui n’a déjà que trop duré.
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