GB-News Corp aurait admis avoir couvert le scandale des écoutes
19/01/2012 | 13:25
par Georgina Prodhan et Kate Holton
A en croire les
avocats des victimes, la branche britannique de News Corp, le
groupe de médias de Rupert Murdoch, a reconnu que de hauts
responsables avaient couvert l'ampleur du scandale des écoutes
téléphoniques en détruisant des documents et en mentant aux
enquêteurs.
Dans un communiqué publié jeudi, les avocats soulignent que
les accords de dédommagement qu'ils ont obtenus reposent sur le
fait que News Group Newspapers (NGN), une des branches de News
Corp en Grande-Bretagne, a admis que des membres de sa
hiérarchie avaient tenté de dissimuler des preuves.
"News Group a consenti à des indemnités en cours d'examen en
partant du fait que des employés de haut rang et des directeurs
de NGN étaient au courant des malversations et ont cherché à les
dissimuler en trompant à dessein les enquêteurs et en détruisant
des preuves", écrivent-ils.
News International, qui regroupe les actifs de News Corp sur
le marché de la presse britannique, a indiqué qu'elle ne ferait
aucun commentaire sur ce communiqué.
Le scandale, dont les racines remontent à 2007, a
véritablement éclaté il y a un an lorsque la police britannique
a ouvert une enquête sur des soupçons de piratage de téléphones
par News of the World, hebdomadaire tabloïd appartenant au
groupe de Rupert Murdoch, qui l'a fermé début juillet.
Pour tenter de contenir les conséquences de l'affaire, qui a
notamment conduit à la démission de plusieurs cadres dirigeants
du groupe mais aussi de responsables de la police ainsi que du
porte-parole du Premier ministre David Cameron, News
International a mis en place en novembre un mécanisme
d'indemnisation.
Plus de 60 dossiers ont déjà été enregistrés, mais la police
britannique estime qu'il pourrait y avoir jusqu'à 6.000 victimes
potentielles des pratiques illégales.
"LA THÈSE DU 'REPORTER ISOLÉ' DÉSINTÉGRÉE"
Les avocats des victimes assurent s'être procurés auprès de
News International des documents démontrant des tentatives de
destruction de preuves, notamment des courriers électroniques.
"Face à ces preuves écrasantes, la thèse du 'reporter isolé'
s'est désintégrée et la portée, l'ampleur et l'étendue des
écoutes téléphoniques sont devenues claires", poursuivent-ils.
Pendant des années, News International a prétendu que la
mise de téléphones sur écoutes relevait de l'initiative d'un
seul journaliste, Clive Goodman. Alors correspondant de News of
the World pour les affaires royales, il a été condamné à une
peine de prison en 2007 après avoir reconnu avoir intercepté des
communications téléphoniques.
Mais le groupe a admis l'an passé que le problème était plus
large.
Plusieurs enquêtes sont en cours sur fond d'accusations de
corruption de fonctionnaires de police.
David Cameron, indirectement touché puisque l'affaire a
provoqué la démission de son conseiller pour les médias, Andy
Coulson, un ancien de News of the World, a fait ouvrir une
enquête sur l'éthique de la presse britannique qu'il a confiée à
un juge.
News Corp a dû pour sa part se séparer de plusieurs de ses
responsables, dont Rebekah Brooks qui dirigeait News
International, et tirer un trait sur son projet d'accroître sa
part du capital du bouquet satellite BSkyB pour en prendre le
contrôle total.
RENVOI:
Pour retrouver une CHRONOLOGIE de l'affaire et de ses
prémices, double-cliquer sur et sur
(Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles
Trequesser)