La justice britannique annule la mise en faillite personnelle de Sean Quinn
10/01/2012 | 22:50La justice britannique a annulé mardi la mise en faillite personnelle de Sean Quinn, ex-homme le plus riche d'Irlande qui a perdu sa fortune dans l'éclatement de la bulle immobilière.
L'homme d'affaires s'était déclaré en faillite en Irlande du Nord, pour bénéficier des lois britanniques plus avantageuses que celles de la République d'Irlande (il aurait pu notamment reprendre des activités passé un délai d'un an contre cinq en République d'Irlande).
Mais le juge nord-irlandais Donal Deeny a estimé mardi que le bureau loué par Sean Quinn à Derrylin, une petite localité d'Ulster, ne suffisait pas à démontrer que l'ex-homme d'affaire gérait l'ensemble de ses affaires depuis l'Ulster.
"Je ne pense pas pouvoir conclure avec certitude qu'il s'agissait d'une tentative délibérée de tromperie de la part de M. Quinn, mais je pense que cela m'aura donné suffisamment de raison de faire valoir mon droit d'annuler cette faillite si je n'avais pas déjà décidé de l'annuler", a dit le magistrat.
Le juge Deeny a également fait valoir que Quinn disposait d'un passeport de la République d'Irlande, et non d'un passeport britannique, et qu'il était inscrit sur les listes électorales de la République d'Irlande.
L'ex-détenteur de la plus grande fortune d'Irlande s'était déclaré en faillite personnelle le 11 novembre auprès de la Haute Cour de justice de Belfast après avoir misé - et perdu - une grande partie de sa richesse sur l'Anglo Irish Bank juste avant que la banque irlandaise s'effondre.
Sean Quinn, qui est âgé de 64 ans, avait bâti sa fortune à partir de 1973 en prenant la direction d'une petite entreprise familiale d'exploitation de carrières du comté de Fermanagh, en Irlande du Nord.
A coups de diversifications, il en avait fait un géant dans les secteurs de l'assurance et de l'immobilier, amassant une fortune estimée à 4,7 milliards d'euros en 2008, peu avant son aventure malheureuse dans l'Anglo Irish Bank, emportée par l'éclatement de la bulle immobilière.
Au plus fort de sa richesse, son groupe employait plus de 5.500 salariés en Ulster comme en République d'Irlande.
L'Irish Bank Resolution Corp, qui a pris la suite de l'Anglo Irish Bank, lui réclame 2,9 milliards d'euros.
Quinn, dont le groupe a son siège social dans le comté de Cavan, en République d'Irlande, prétendait le diriger depuis le comté de Fermanagh, en Irlande du Nord.
"Ce que j'ai entendu au tribunal est un peu particulier. Je n'ai jamais travaillé un jour hors d'Irlande du Nord de ma vie entière, je n'ai jamais travaillé ailleurs", a-t-il dit à la presse. (Ivan Little; Henri-Pierre André pour le service français)