Tadashi Yanai va mettre ses managers à l'anglais
30/06/2010 | 13:00 Le patron de Fast Retailing, propriétaire de la chaine de vêtements Uniqlo, fait tout ce qu'il peut pour en finir avec la suprématie de Gap et de H&M. Pour cela, Tadashi Yanai veut utiliser toutes les ficelles disponibles, et selon lui, parler anglais fait partie du « package ». Tous les managers d'Uniqlo vont ainsi devoir faire des efforts pour comprendre et parler la langue de Shakespeare, qui est surtout celle du commerce international.
Pour pénétrer les marchés européen et américain, dans lesquels Uniqlo est encore quasiment invisible, parler anglais se révèle indispensable. C'est en tout cas ce que pense l'homme le plus riche du Japon (avec une fortune estimée à 6 milliards de dollars),
Tadashi Yanai, qui habille la majorité de ses compatriotes avec sa griffe chic et bon marché.
A l'horizon 2012, il souhaite alors que l'anglais devienne la « langue officielle » d'Uniqlo. « Cette évolution est nécessaire pour qu'une compagnie japonaise survive en tant que marque globale », assure-t-il. Effectivement ce n'est pas encore le cas. Fast Retailing, qui dispose de 809 points de vente au Japon, n'en a que 136 hors de ses frontières : 54 en Chine, 48 en Corée du Sud, 17 en Europe, 13 à Hong Kong… et un seul aux Etats-Unis.
Et
Tadashi Yanai veut que ça change. Pour se développer ailleurs que sur son marché domestique, la barrière de la langue reste selon lui un obstacle majeur. En conséquence, l'ensemble des dirigeants et managers d'Uniqlo devront d'abord passer la célèbre épreuve du TOEIC (avec un bon score qui plus est). Une fois l'examen réussi (ils n'ont pas le choix !), ils devront converser et écrire en anglais au travail.
Et notre milliardaire va même plus loin : il souhaite que ses ouailles parlent anglais à leur propre domicile, de manière à se familiariser le plus vite possible avec une langue compliquée pour les Japonais. Mieux, pour que ses employés ne puissent se défiler, le système de paie va lui aussi passer à l'anglais.
Parallèlement, Fast Retailing va accélérer le recrutement d'étrangers. Ces derniers devraient représenter la moitié des 600 embauches en 2011, les deux tiers des 1 000 prévues en 2012 et les trois quarts des 1 500 programmées en 2013.
Tadashi Yanai veut à tout prix multiplier les points de vente en Europe et aux Etats-Unis, d'une part parce qu'il estime qu'il y a de la place et du potentiel pour sa marque, mais aussi parce qu'il considère que le marché japonais est saturé, avec en outre une population qui baisse dangereusement.
Les chiffres de son ambition sont d'ailleurs sans appel : Yanai veut que les ventes à l'étranger en 2020 représentent 70% du chiffre d'affaires global, contre 10% en 2010. Il y a certes du chemin à faire, mais au « guerrier », comme on l'appelle dans son pays, rien d'impossible !
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