Thierry Peugeot joue gros avec le nouveau patron de Peugeot-Citroën
01/06/2009 | 06:00 A l'aube de l'arrivée de Philippe Varin à la tête du groupe PSA-Peugeot Citroën, la famille Peugeot amorce un virage délicat. Le successeur de Christian Streiff prend en effet les rênes d'un groupe qui a essuyé l'an dernier sa première perte depuis plus de dix ans. Plus grave, Philippe Varin entame son mandat dans une ambiance familiale quelque peu tendue sur fonds de dissensions sur la gouvernance du groupe...
Avec une marge opérationnelle divisée par trois en 2008 et une première perte (343 millions d'euros) depuis 1997, le constructeur doit faire face à des difficultés de trésorerie et à l'envolée de sa dette. Dans ce contexte, quelles solutions s'ouvrent à PSA-Peugeot Citroën pour rebondir ?
L'express.fr (27/05) suggère aux moins deux pistes : le développement sur le haut de gamme, un créneau sur lequel la marque est peu présente, ou sur le low cost, où Peugeot est complètement absent. Ces deux perspectives pourraient passer par une (ou plusieurs) alliance(s), l'objectif étant alors de compléter le positionnement de PSA-Peugeot Citroën comme constructeur généraliste.
Si une alliance sous-entendrait de s'accorder avec un partenaire, les difficultés risquent plutôt de se cristalliser en interne. Avec 30% du capital et 45% des droits de vote, les membres de la famille Peugeot, à la tête de la 17ème fortune de France, doivent en effet d'abord s'entendre entre eux pour parler d'une seule voix.
Condamnés à s'entendre
C'est toute l'ampleur de la tâche de Thierry Peugeot (Essec, 45 ans), le président du conseil de surveillance de PSA-Peugeot Citroën. Surnommé « le menhir » pour son austérité et sa réserve, c'est lui qui a fait venir Christian Streiff, en 2006, pour remplacer Jean-Martin Folz.
Ses (nombreux) cousins ne lui pardonneront pas ce choix, qu'ils considèrent comme une erreur de casting. En prenant une place que briguait Robert Peugeot, directeur de la direction de l'innovation et de la qualité (DINQ) sous l'ère Folz, Christian Streiff ne réussira jamais à s'attirer leur sympathie. Sa tendance à centraliser le pouvoir n'arrangera rien.
Arrivé fin 2006, Christian Streiff sera finalement débarqué en mars dernier. La veille de son éviction, Thierry Robert lui assurait encore tout son soutien. D'où sa légitime « incompréhension » répandue dans la presse les jours suivants. Selon le site de l'hebdomadaire, les cousins Peugeot se sont réunis la veille pour placer Thierry devant ses responsabilités : soit il lâchait Streiff, soit c'est lui qui sautait. La suite est connue.
Entre la sévère crise que traverse le secteur automobile et les dissensions familiales des principaux actionnaires de PSA, Philippe Varin entre dans une zone de turbulences. A l'inverse, la recomposition du secteur auto peut lui donner l'occasion de faire étalage ses compétences en prenant les bonnes décisions. Sous l'œil, jamais éloigné, des cousins Peugeot.
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