Thomas Boone Pickens, un octogénaire de plus en plus vert
30/10/2009 | 06:00 Thomas Boone Pickens est un fringant octogénaire. Depuis son fief de Dallas, le roi des pétroles texan a opéré sa mue il y un peu plus d'un an, devenant le chantre des énergies renouvelables. Longtemps freiné par la crise, son plan semble aujourd'hui séduire un nombre croissant d'Américains. Y compris dans l'entourage du pouvoir.
Il y a un peu plus d'un an, Thomas Boone Pickens présentait « son » plan pour lutter contre l'effet de serre tout en assurant l'indépendance énergétique des États-Unis. Le Pittsburg Post Gazette (20/10) nous résume ce plan en trois points.
D'abord, ériger quelques milliers d'éoliennes le long du couloir du Midwest entre le Texas et le Canada. Ensuite, installer les infrastructures de transports et de distribution d'électricité pour relier ces turbines aux ménages du Midwest, du Sud, et de l'Ouest des États-Unis. Enfin, réorienter la production américaine de gaz naturel exclusivement vers l'industrie des transports.
Depuis un an, l'homme défend son projet becs-et-ongles. Et quand on souligne le caractère paradoxal de son programme - défendre les énergies renouvelables quand on a été pendant des années le champion du pétrole texan - T. Boone Pickens met en avant les intérêts supérieurs de la nation : dans cette affaire, « il ne s'agit pas de moi, mais de l'Amérique ».
Et l'insistance de T. Boone Pickens semble aujourd'hui porter ses fruits. Sur son site pickensplan.com, il revendique 1,6 million de signatures pour la création de sa New Energy Army (Nouvelle Armée de l'Énergie).
Certes, la crise financière l'a contraint à revoir un peu ses plans. À travers son fonds d'investissement BP Capital Management, il voulait donner l'exemple en matière de construction d'éoliennes. Sa firme devait mener le projet Pampa Wind, qui devait être la plus grande ferme éolienne du monde, installée dans les plaines septentrionales du Texas.
Mais un nan plus tard, T. Boone doit bien admettre que l'accès au crédit est devenu trop difficile et, la mort dans l'âme, il se résigne à suspendre le chantier.
Washington, une banlieue de Dallas ?
Mais son influence ne s'arrête pas au monde des affaires. S'il ne dispose plus d'un aussi fidèle allié que par le passé à la Maison blanche - Pickens fut un des principaux donateurs des campagnes de George W. Bush - sa voix porte toujours assez haut dans les coulisses de Washington.
Petit exploit en cette période de guérilla législative outre-Atlantique, Pickens est même parvenu à réunir des Républicains et des Démocrates, au Sénat comme au Congrès, pour défendre un plan d'incitation fiscale en faveur de l'usage des véhicules au gaz naturel.
Selon Pickens, si les 6,5 millions de poids lourds qui sillonnent les USA passaient du fuel au gaz, le pays pourrait réduire de moitié (2,5 millions de barils/jour) ses importations de pétrole.
Et un des pontes de l'industrie gazière américaine, Murry Gerber, PDG d'EQT, enfonce le clou : convertir la flotte de véhicules américains au gaz naturel, permettrait au pays d'économiser chaque année la fabuleuse somme de 250 milliards de dollars. De quoi réfléchir, en effet...
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