« Le Parisien ? Il vaut mieux l'avoir en journal », déclarait la voix-off du film publicitaire dédié au support du groupe Amaury. Les créatifs de l'agence avaient décliné plusieurs spots conçus sur le mode de l'humour et présentant le parisien comme un odieux personnage, mélange de muffle désinvolte et de malotru égoïste.
Cette présentation quelque peu sulfureuse freinerait-elle les velléités d'acquisition de
Vincent Bolloré ? « Ça ne veut ni dire qu'on va le faire, ni dire qu'on ne va pas le faire », a indiqué le milliardaire, interrogé sur ses intentions par rapport à l'éventualité d'un rachat.
En l'espace de cinq ans, le pôle Communication & Médias du Groupe, géré par
Yannick Bolloré, a « réalisé d'importants développements dans les secteurs de la télévision et de la presse gratuite ». Direct Matin et Direct Soir, qui font partie des titres gratuits déjà lancés, fonctionnent bien, et un quotidien haut de gamme devrait être dévoilé dans les mois qui viennent.
S'il rachetait Le Parisien, Vincent Bolloré ferait une entrée remarquée dans le monde restreint des groupes de Presse Français. Reste à fixer le prix de cette hypothétique acquisition. Certains analystes l'estiment autour des 70 à 120 millions d'euros, si le mode de calcul pris en compte ne se réfère qu'aux bénéfices réalisés.
D'autres arguent qu'un groupe comme Bolloré pourrait être enclin à dépenser plus, au regard des synergies susceptibles d'être créées. « Entre 150 et 200 millions d'euros » a-t-on pu lire dans la presse cette semaine.
Reste à savoir ce que souhaitera
Marie-Odile Amaury, propriétaire du journal, et ce que seront prêts à offrir d'éventuels repreneurs, comme le fonds d'investissement Fondations Capital ou l'empire médiatique d'
Arnaud Lagardère, déjà détenteur de 25% du groupe Amaury.