Warren Buffett [Berkshire Hathaway] répond à des questions... pour 625 dollars la minute !
16/10/2007 | 06:00 Warren Buffett, alias « le sage d'Omaha », était au Canada la semaine dernière. Le temps d'une soirée de bienfaisance « haut de gamme ». Quand ? Jeudi 11 octobre dernier. Au programme : un dîner et agrémenté de 40 minutes de questions-réponses avec Warren Buffett. Le lieu : la galerie « Crystal » de l'Hôtel royal de l'Ontario, à Toronto. Le prix : 25.000 dollars US la place, le but affiché étant de récolter un total de 4 millions de dollars. Faites le calcul : 25.000 $ divisés par 40 minutes donnent 625$ par minute ! Plus cher qu'un appel en 0899...
Charité ? En effet, car les sommes collectées iront financer l'Hôpital général de Toronto un et complexe hospitalier et universitaire du Nord d'Israël, RAMBAM.
Bref, un dîner réservé à 150 « happy few », canadiens ou non puisque le journal The Toronto Star indique avoir vu des magnats russes, israéliens et sud-coréens. Du point de vue du cambiste, c'est une bonne affaire pour les Canadiens : 25.000 dollars US représentent, au cours du jour, 24.300 dollars canadiens. Mais il y a un an, il fallait rassembler près de 28.500 « huards » pour la même somme en billets verts.
Huard ? C'est le nom d'une espèce de gros canard – dont le nom complet est « plongeon huard » - frappé au revers des pièces de 1 dollar canadien. Nos amis québécois appellent ainsi leur monnaie, pour le différencier du dollar US. En somme, la faiblesse du billet vert contre les autres devises ne se sent pas qu'en Europe...
Détail tarifaire ? Pas tant que cela, puisque d'après le quotidien canadien anglophone The Globe & Mail, l'un des convives lui a posé la question : « est-ce le moment pour les Canadiens d'acheter du dollar américain ? ». La réponse est sans appel : chaque jour, les Américains dépensent 2 milliards de dollars pour acheter des biens alors qu'ils n'en ont pas les moyens. Comprendre : les dépenses de consommation courante US sont avant tout soutenues par le crédit. Ce qui n'est ni sain, ni durable.
A terme, un tel comportement affaiblit la devise américaine, a-t-il déclaré en substance, selon le journal canadien. Il prévoit donc que durant les cinq prochaines années, le « huard » devrait continuer à s'apprécier contre le dollar US.
Et le pétrole ? Pirouette de la part de Buffett : « j'ai trois bannettes sur mon bureau : « entrant », « sortant » et « bien trop difficile » ! Ceci dit, il a estimé qu'à terme, les sables schisto-bitumineux de l'Alberta, qui renferment du pétrole lourd dit « non conventionnel », verront leur valeur monter. Et c'est une nouveauté, car Buffett avait précédemment une opinion contraire sur le sujet.
Enfin, quelqu'un l'a interrogé sur l'éventuelle entrée de sa holding Berkshire Hathaway dans la banque américaine Bear Stearns. Un article du New York Times de la semaine passée évoquait cette éventualité. No comment, a répondu l'investisseur du Nebraska.
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