William Ackman croque une part de Canadian Pacific Railway
29/11/2011 | 09:55 En embarquant le patron de Pershing Square Capital, l’opérateur ferroviaire canadien accueille un passager hautement respectable, mais plutôt encombrant. Lorsque le financier arrive quelque part, il apporte toujours dans ses malles le spectre d’un démantèlement juteux pour l’actionnaire.
Pas question de vendre !
William Ackman assure qu’il n’entend pas exercer de pression pour forcer la vente de Canadian Pacific Railway (CPR), dont il vient de prendre 12,2% du capital, à travers Pershing Square Capital. Le deuxième opérateur ferroviaire canadien, qui peine à séduire les marchés, traverse une période assez mouvementée. Par chance, Ackman n’est jamais aussi heureux que lorsqu’il peut "rendre service" à une entreprise en berne…
Les locomotives rouge vif de
CPR ont tendance à se trainer sur les rails, comparées à leurs homologues nord-américains. Sur les 5 dernières années, le titre
Canadian National Railway, première compagnie canadienne, gagnait 56% ;
CSX Corp progressait de 83% ; et le cours d’
Union Pacific explosait de 130%. Sur la même période,
Canadian Pacific Railway perdait 1%.
"Ce n’est pas une situation où nous allons pousser à vendre la compagnie. Nous ne pensons pas que ce soit la bonne manière de créer de la valeur pour l’actionnaire", martèle
William Ackman. Mais alors, que veut-il faire de son nouveau jouet ? On imagine mal le "bad boy" de Wall Street se muer du jour au lendemain en « bon père de famille ».
Warren Buffett en embuscade
Interrogé par Bloomberg, le spécialiste transports d’IHS Global Insight, Charles Clowdis, explique que William Ackman dispose de trois options principales. Il peut restaurer les comptes de
CPR et diriger lui-même l’entreprise. Il peut également oublier ses belles promesses, remonter un peu les finances du groupe, et attirer rapidement un repreneur. Enfin, il peut travailler à la conclusion d’un joint-venture avec un autre groupe, notamment Kansas City Railway qui offre une bonne complémentarité pour l’implantation géographique de son réseau. En cas de cession, un candidat paraît assez bien placé pour reprendre la firme : Burlington Northern Santa Fe, la compagnie ferroviaire détenue par
Warren Buffett.
Quelle que soit la solution que choisira Ackman, il devra montrer toute l’étendue de son talent pour manœuvrer en terres canadiennes. Les chemins de fer restent un domaine sensible et s’il veut lancer les restructurations qu’on imagine, il lui faudra convaincre les régulateurs canadiens, donner des gages sur le maintien absolu de la sécurité, et être capable d’apaiser les craintes des syndicats. Un travail de Romain, qui n’effraie nullement l’homme d’affaires new-yorkais.
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