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L'eau
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L’eau est une denrée rare, et les investissements dans le secteur devraient
se multiplier dans les prochaines années pour contenir la pénurie.
L’offre
Si les habitants des pays développés
ne s’en rendent pas
toujours compte, l’eau constitue
déjà une denrée rare, au
point que les Nations unies parlent
de « grave crise ». L’eau douce ne
représente que 3 % des ressources
mondiales, et moins de 0,03 % de
l’eau est directement consommable.
Or, ces ressources ne sont pas
inépuisables. Si les volumes
extraits des aquifères et des cours
d’eau sont supérieurs à l’apport
des précipitations, les réserves en
eau s’assèchent. C’est le cas de la
mer d’Aral : la surexploitation de
ses affluents pour l’irrigation a
conduit à son assèchement presque
total en seulement quelques
dizaines d’années.
La demande
Le secteur agricole concentre près
de 70 % de la consommation mondiale
d’eau, l’industrie en utilise
22 %, et le secteur tertiaire et les
ménages 8 %. La hausse de la
consommation agricole influencent
donc très fortement la
demande globale. En 1995, les
besoins mondiaux dans ce secteurétaient six fois plus élevés qu’en
1900. De nombreuses régions du
globe souffrent déjà d’une pénurie
importante : plus d’un milliard
d’habitants n’ont pas accès à un
approvisionnement convenable
en eau. En 2020, ils pourraient
représenter un tiers de la population
mondiale si des solutions ne
sont pas trouvées. Le manque de
structures d’assainissement de l’eau
a des conséquences tragiques dans
certains pays : les maladies liées à la
mauvaise qualité de l’eau tuent
chaque année environ 5 millions
de personnes dans le monde.
L’évolution
Selon la Banque mondiale, si rien
n’est fait, la demande pourrait
dépasser l’offre en 2030. L’eau
sera-t-elle l’enjeu majeur du
XXIe siècle ? Certains estiment
qu’elle pourrait devenir plus chère
que le pétrole. Cette situation est la
conséquence directe de la surconsommation,
mais aussi de la
faiblesse d’infrastructures. Dans
de grandes villes comme Mexico,
Shanghai ou Londres, près de la
moitié de l’eau distribuée est
perdue à cause de fuites dans les
canalisations. Les eaux usées de
2,4 milliards de personnes ne sont
pas correctement traitées, et 95 %
des mégalopoles continuent de
déverser leurs eaux résiduelles non
traitées dans les fleuves, les lacs et
les océans. Par ailleurs, en Europe,
des normes de plus en plus strictes
en matière de qualité entraîneront
de nouveaux investissements. Ceux ci,
consacrés au secteur de l’eau et à
ses services, promettent donc
d’être considérables.
L’indice
Le secteur privé jouera un rôle de
plus en plus important dans l’offre
de services liés à l’eau. Jusqu’à
présent, 90 % de la distribution
d’eau à l’échelle mondiale est
assurée par le secteur public. Mais
les privatisations se multiplient, et
les experts estiment que le chiffre
d’affaires des distributeurs privés
augmentera d’ici 2010 de quelque
15 % par an pour atteindre
400 milliards de dollars. L’indice
ABN Amro Water Stock Total Return
regroupe dix entreprises dont une
part importante du chiffre d’affaires
est issue d’activités en rapport
avec l’eau. Ces sociétés offrent un
potentiel de croissance considérable,
qu’il s’agisse de l’exploitation,
du traitement, de la distribution
ou de l’épuration de l’eau, ou bien
de la construction de conduites
et de stations d’épuration. Certains
groupes investissent dans le recyclage
des eaux usées ou le dessalement
de l’eau de mer, notamment
dans les régions où la pénurie est
sévère. Le coût du dessalement a
ainsi diminué de moitié au cours
des dix dernières années. Les
investissements dans le secteur de
l’eau, qui représentent actuellement
75 milliards de dollars par
an, pourraient atteindre 180 milliards
de dollars en 2025.
Cotation :
L’ABN Amro Water Stock
TR index est coté en dollars. |
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