L’activité économique : le Produit Intérieur Brut (PIB)
Le taux de variation du PIB permet de mesurer la croissance économique, en d’autres termes, les richesses créées dans un pays. La hausse du PIB est signe de croissance et inversement. L’entreprise étant précisément l’endroit où se créée la valeur, toute hausse du PIB devrait signifier une hausse des actions.
Dans la réalité, les choses sont un peu plus compliquées.
Si le PIB croît trop vite, la menace de l’inflation peut laisser craindre un resserrement de politique monétaire et donc une hausse des taux. Inversement, si la croissance du PIB ralentit, les autorités monétaires craindront un ralentissement économique et réagiront en desserrant la politique monétaire.
On observe également l'activité économique à travers d’autres indicateurs : la consommation des ménages, la confiance des ménages, les ventes de détails, l’indice des directeurs d'achat, le climat des affaires, la production industrielle...
Les prix à la production sont également attentivement suivis par les investisseurs car ils sont un indicateur majeur de la pression inflationniste. La sensibilité des marchés à toute variation de cet indicateur est généralement élevée.
Les statistiques américaines suivies à la loupe
Première puissance économique, et financière mondiale, les Etats-Unis influencent la totalité des places boursières. Les statistiques américaines sont sans conteste les plus suivies sur les marchés.
- CPI ou Consumer Price Index : c’est l’équivalent américain de l'indice des prix à la consommation. Calculé mensuellement sur la base d’un panier d'achat moyen de produits et de services, il est un indicateur de l'inflation des Etats-Unis.
- PPI ou Producer Price Index : c’est l’équivalent américain de l'indice des prix à la production. Il indique la variation des prix de biens de production (notamment des secteurs miniers, manufacturiers, du gaz, de l'électricité, du secteur agricole et autres matières premières)
- Durable Goods Orders (commandes de biens durables)
Cet indicateur permet d’estimer la production à venir, mais il est aussi un bon indicateur de la confiance des acteurs économiques du pays. Sont exclus de cette statistique l'armement et les transports.
- GDP ou Gross Domestic Product : c’est l’équivalent américain du Produit Intérieur Brut
- ISM (Institut of Supply Management) : L'ISM est sans doute l’un des indicateurs économiques le plus surveillé aux Etats-Unis. Il ne s’agit pas d’une statistique, mais d’un sondage mensuel mené auprès de plus des directeurs d’achat de plus de 300 sociétés de 20 secteurs différents, et ce dans plus de 50 états américains
Il donne un niveau de prix à l'achat de différents secteurs (manufacturier et services). C'est pour ces qualités d'anticipation que l'indice ISM est tant apprécié. Cet indice permet aux analystes d'anticiper la santé économique du pays. Ses points bas au cours d'une récession ont souvent précédé un renversement de cycle.
Il est publié mensuellement, le premier jour ouvré de chaque mois.
- Unemployment Rate (taux de chômage américain publié mensuellement) et inscriptions hebdomadaires au chômage publiées chaque jeudi.
Les taux d’intérêt
Les taux d'intérêt sont la principale arme de la politique monétaire. Apanage des autorités monétaires, elle vise à équilibrer l'offre et la demande de monnaie et de crédit afin d’alimenter la croissance, sans créer d'inflation.
Un risque d’inflation et la banque centrale peut abaisser les taux. A contrario, en cas de risque de surchauffe, elle relève ses taux directeurs.
Chaque réunion de la Réserve fédérale des Etats-Unis ou de la Banque centrale européenne influence les marchés boursiers. Deux raisons à cela :
-Pour les investisseurs qui font des arbitrages entre actions et obligations, les taux d’intérêt font bouger la valeur de la prime de risque (la prime de risque correspond au supplément de rentabilité espéré sur le marché des actions par rapport à un placement sans risque : prix du risque).
Une baisse des taux augmente cette prime et rend les actions plus attractives. Inversement, une hausse des taux la diminue et rend les marchés d'actions moins attractifs.
- Pour les entreprises : Les cours de Bourse reflètent les perspectives des entreprises en termes de croissance et de rentabilité; Un changement de taux modifie ces perspectives en même temps qu’il influence le coût du financement des investissements. Si les taux baissent, cela favorise la croissance et diminue les charges financières des entreprises : les cours s’apprécient. Si les taux montent, cela pèse sur la croissance et accroît les charges financières des entreprises : les cours fléchissent.
Dans la pratique, l’impact des taux d’intérêt sur les marchés financiers est surtout une question d’anticipation et d’attente des financiers qui spéculent sur chacune des décisions des banques centrales. On peut ainsi voir les cours monter à l’annonce d’une hausse des taux si les marchés traduisent cette décision comme une volonté des autorités monétaires de faire face rapidement à des pressions inflationnistes.
Les taux de change
Avec la mondialisation des marchés et la forte croissance des échanges commerciaux, le taux de change de la monnaie est devenu un concept économique majeur.
Le taux de change d’une devise est fonction de plusieurs facteurs, notamment la croissance économique nationale, la compétitivité des exportations, l’offre et la demande monétaire, l’inflation, le déficit et la dette des pays, etc.
En général, lorsqu'une Banque Centrale augmente ses taux directeurs, le taux de change de sa monnaie a tendance à s'apprécier immédiatement. L'augmentation des taux d'intérêt rend les placements dans la zone plus attractifs.
L’Union Européenne réalise un tiers de ses échanges avec le monde extérieur, son économie est par conséquent affectée par les évolutions des taux de change, notamment face au dollar américain.
Introduit, en 1999 à 1,18$, l’Euro devait être le garant d’une plus grande stabilité et d’une prospérité accrue pour la zone euro.
Les inconvénients d’un euro fort :
- un euro fort réduit la compétitivité des entreprises face à leurs concurrents d’outre-Atlantique et asiatiques. Pour conserver leurs parts de marché, les sociétés exportatrices européennes se voient contraintes de réduire leurs prix
- Les entreprises qui facturent en dollars voient directement leurs marges affectées par la hausse de l’euro.
Ainsi, la hausse de l’euro aurait couté 0,6 points de croissance en 2008 !
Les atouts d’un euro fort :
- Les sociétés importatrices s’approvisionnent à moindre coûts, dans la mesure où les principales matières premières sont libellées en dollars. L’incidence sur l’économie européenne des hausses répétées du cours du pétrole brut ces dernières années ainsi été limitée par la force de l’euro.
Le pétrole
L'évolution des prix du baril de pétrole résulte de la confrontation entre l'offre et la demande. L’offre s’apprécie lors des réunions de l’OPEP. La demande est suivie par les publications sur l’état des stocks de pétrole. A cela s’ajoute d’autres facteurs qui influencent les cours comme les facteurs géopolitiques et climatiques.
De nombreux secteurs et entreprises sont concernés, notamment l’automobile, les transports et la chimie.
L’augmentation de la facture pétrolière aurait coûté entre 1 et 2,2 points de croissance dans la zone euro entre 2002 et 2007.
Le Baltic Dry Index
Le Baltic Dry Index (BDI) est un indice des prix pour le transport maritime en vrac de matières sèches ( ciment, charbon, acier, métaux, céréales…). Créé en 1998, il est géré par la société britannique Baltic Exchange à Londres. Il est établi sur une moyenne des prix pratiqués (en dollar) sur 24 routes mondiales de transport en vrac de matières sèches.
Comme le coût du fret maritime varie avec la quantité de marchandises transportées et que le transport des matériaux de base influence la production et les prix à la production, cet indice est considéré comme un bon indicateur d'une croissance future de la production.
Il apparaît comme le nouvel oracle des salles de marché depuis qu’il a anticipé de deux mois la chute des prix des matières premières.
En l’étudiant, on remarque que les cours du BDI sont extrêmement volatiles, avec un pic en 2007 et début 2008.
Entre juin et novembre 2008, le BDI a dévissé de plus de 90 % à une vitesse record. Alors que la crise se durcissait, le BDI démarrait son rebond en décembre 2008. En quelques mois, il a rebondi de 500 %. Cette reprise était considérée comme le signe du redémarrage du commerce mondial.
Sur les marchés, la reprise s’est manifestée plus tardivement au cours du mois de mars 2009.
Le VIX ( Volatility Index)
Le VIX (CBOE volatility index) est un indicateur de volatilité du marché financier américain, il représente une mesure du risque de marché. Crée en 1990, il est établi quotidiennement par le Chicago Board Options Exchange (CBOE). Cet indice est calculé en faisant la moyenne des volatilités sur les options d'achat (call) et les options de vente (put) sur le S&P 500.
Le VIX est souvent décrit comme l’indice de la « peur » ; ce dernier permet d’avoir une perception plus juste des attentes des investisseurs sur la future volatilité du marché.
Les valeurs du VIX supérieures à 30 sont généralement associées à une importante volatilité causée par la peur ou l’incertitude des investisseurs et traduit un pessimisme élevé.
Une valeur du VIX inférieure à 20 témoigne d’un relatif optimisme sur le marché financier américain. La variation de cet indice est plus importante que sa valeur elle-même.
Depuis le début des années 2000, l'indice a dépassé 30 à seulement 3 reprises : en 2001 après les attentats du 11 septembre, entre mai et octobre 2002 (scandales financiers, tensions au Proche-Orient) et en 2008 où il explose littéralement à 80, témoignant de l'ampleur de la crise mondiale.
Le VIX et les marchés actions évoluent de façon inversement corrélée. Ainsi, lorsque le VIX atteint un sommet, les marchés atteignent des points bas et inversement.
Le VXO
Le VXO est un ancêtre du plus connu VIX ou volatility index. Il est la résultante d’une pondération de la volatilité implicite des options basées sur le SP100. Lorsque celui-ci est supérieur à 30, les marchés sont particulièrement volatiles et généralement en proie à un mouvement baissier. Inversement, au-dessous des 20, la complaisance est de mise.
Pour conclure
Quel est l'impact de tout ce qui précède sur les marchés financiers ? Ceux-ci réagissent à chaque nouvelle information et ajustent leurs anticipations et prévisions. D’où l’importance de connaître les relations qui se tissent entre l’économie et les marchés financiers.
Toutes les statistiques n’ont pas la même importance. En premier lieu, les informations « attendues » par les marchés ont un impact limité sur les cours dans la mesure où elles sont déjà intégrées. Celles qui surprennent le marché ont une influence forte.
En second lieu, il faut distinguer celles qui ont un impact systématique sur les marchés (croissance, taux d’intérêt) et celles dont l’importance varie en fonction des secteurs (comme les matières premières).