Paris (awp/afp) - Le groupe Iliad, maison-mère de l'opérateur Free, conserve ses objectifs à court et long terme malgré la crise sanitaire, dont l'impact est resté "limité" au premier trimestre avec un chiffre d'affaires en hausse de 6,9%, a-t-il annoncé mardi.

La pandémie de Covid-19 et la crise économique qui en découle pourraient "impacter le groupe Iliad et ses objectifs (...), au travers notamment de la pénurie de certains composants électroniques et du ralentissement du déploiement de ses réseaux fixe et mobile", a prévenu l'opérateur.

Mais pour l'heure, le groupe de l'entrepreneur Xavier Niel vise toujours 2 millions d'abonnés fibre en 2020 et 4,5 millions en 2024, ainsi qu'une part de marché mobile de 25% à long terme en France.

Au premier trimestre 2020, le groupe a été porté par ses résultats en Italie où il enregistre 525.000 nouveaux abonnés sur le trimestre et un chiffre d'affaires en hausse de 86% sur un an. Fin mars, le groupe avait conquis 7% du marché transalpin, moins de deux ans après son arrivée.

En France, le chiffre d'affaires est en hausse (+1,7%) pour le cinquième trimestre consécutif malgré une chute logique (-38,6%) du secteur des équipements.

Ces "bons résultats" ne doivent pas empêcher la "prudence" et l'"humilité", a observé le directeur général Thomas Reynaud lors d'un échange avec les journalistes.

Le rythme d'ouverture des nouveaux chantiers fibre ayant été "divisé par six" au cours du confinement en France, Iliad mise sur "un retour très progressif du rythme des déploiements" pour surmonter la crise.

Pour cela, M. Reynaud a annoncé, au lendemain de la fin de presque deux mois de confinement en France, le déblocage accéléré de 650 millions d'euros dans le cadre de sa filiale IFT (Investissement dans la fibre des territoires) avec le financeur d'infrastructure InfraVia.

"Cela va permettre d'apporter un soutien immédiat à la filière avec une injection massive de liquidités", a indiqué Thomas Reynaud.

Les nombreux sous-traitants qui participent aux chantiers de déploiement de la fibre ont vu leur trésorerie fondre avec le ralentissement ou la suspension des travaux de déploiement de la fibre du fait du confinement, laissant craindre de nombreux dépôts de bilan et une désorganisation de la filière.

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