Rome (awp/afp) - Des bénéfices et un chiffre d'affaires en forte croissance, des abonnés toujours plus nombreux sur la planète: le géant américain de la vidéo en ligne Netflix affiche une santé insolente et se prépare à investir massivement en Europe.

Dopé par des résultats qui dépassent ses propres attentes, la société américaine Netflix entend porter à un milliard de dollars ses investissements dans les productions originales en Europe en 2018, selon des informations de presse.

La plateforme qui organise jusqu'à jeudi à Rome "See What's Next", rendez-vous annuel où sont dévoilées ses nouveautés, a réaffirmé son intérêt pour le public de la région EMEA, qui comprend non seulement l'Europe mais aussi le Moyen-Orient et l'Afrique.

"Nous investissons dans des productions originales partout dans le monde mais particulièrement dans la région EMEA sur laquelle nous sommes très concentrés", a déclaré Erik Barmack, vice-président des contenus internationaux Netflix.

"A ce jour, nous avons 55 productions en cours, des séries au films, des spectacles +seul en scène+ aux documentaires, parce que nous trouvons d'excellentes histoires dans cette région, et ce n'est qu'un début", a-t-il souligné.

Le dirigeant a précisé que si l'année 2018 avait été supérieure à 2017 pour le groupe en termes d'investissements, tel serait aussi le cas en 2019 par rapport à l'exercice en cours.

Présent depuis 2016 dans le monde entier, à l'exception notable de la Chine, Netlix a annoncé en début de semaine avoir franchi la barre des 125 millions d'abonnés - dont 68,3 millions hors Etats-Unis -, soit une hausse de 7,41 millions de souscripteurs, un record pour un premier trimestre.

Côté finances, le groupe a dépassé ses propres attentes avec un bénéfice net de 290 millions de dollars (il s'attendait à 282 millions), un bond de plus de 60% par rapport au premier trimestre de l'an passé.

Le chiffre d'affaires est ressorti sur la période à 3,7 milliards de dollars (+40%), un peu mieux que prévu par le groupe et conforme aux attentes moyennes des analystes.

- "Un grand bond en avant" -

Avec désormais quasiment 50% du chiffre d'affaires réalisé à l'international et 55% de ses abonnés, le groupe, dont le siège est situé en Californie, continue de récolter les fruits de ses investissements importants pour se développer en dehors de son pays d'origine.

Des résultats que le groupe attribue non seulement à sa politique d'investissements dans les contenus (il prévoit au total 7,5 à 8 milliards de dollars sur 2018 dans ce secteur) qu'à son modèle économique qui a bouleversé les modes de consommation du cinéma et des séries télévisées.

Le système Netflix repose sur un abonnement (à partir de 8 euros/mois) qui donne un accès illimité à un catalogue de films et de séries, à regarder en streaming, ainsi qu'un service de conseil permettant de proposer des contenus correspondant aux goûts de chacun.

"Désormais, vous pouvez désormais rester éveillé pour regarder une émission que vous aimez, la visionner sur votre mobile, recevoir des recommandations ou un choix personnalisé de programmes", a expliqué à Rome Reed Hastings, co-fondateur de Netflix.

"Ce sont les avantages fondamentaux qu'a apporté la télévision sur internet, un grand bond en avant", a ajouté le patron de la plateforme.

Une modèle qui inquiète les diffuseurs traditionnels, obligés d'adapter leur offre, et stimule l'apparition de concurrents sur le marché de la vidéo à la demande par abonnement (SVoD), comme les Français OCS ou SFR Play ou l'Américain Amazon Prime.

Des concurrents qui peuvent parfois devenir des partenaires comme l'a affirmé Reed Hastings qui lorgne sur le milliard d'abonnés que représente l'industrie de la télévision payante par abonnement au plan mondial, "comparé au 125 millions d'abonnés Netflix".

"Nous travaillons avec OSN - bouquet servant le Maghreb et le Moyen-Orient et avec le britannique Sky, et de nombreux autres à travers l'Europe afin d'être inclus dans leur offre vidéo", a déclaré Reed Hastings.

"Outre la croissance de la télévision sur internet et celle de Netflix, le plus important c'est le partage de nos contenus", a-t-il souligné.

afp/rp