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Economie : Le rôle des banques centrales, expliqué simplement

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06/06/2018 | 11:27
Le plus simple moyen de se figurer le fonctionnement de l'économie – dans ses grandes lignes – revient à imaginer une machine à deux moteurs : un premier moteur constitué de la masse monétaire, soit la somme du cash en circulation et du crédit ; et un second moteur constitué de la production de biens ou de services.
 
Ces deux moteurs sont naturellement connectés et dépendants l'un de l'autre, puisque la monnaie sert à financer et/ou acheter la production, tandis que la valeur ajoutée de la production sert – entre autres – à déterminer la valeur de la monnaie. 
 
A ce titre, lorsque la masse monétaire augmente proportionnellement plus vite que la production, la compétition à l'achat devient trop intense : de plus en plus d'argent pour de moins en moins de biens ou services, avec pour conséquence immédiate une hausse des prix – c'est-à-dire de l'inflation – et une reprise des comportements à risque de la part des agents économiques, qui s'engagent dans ce qu'on qualifie trivialement de mania spéculative ...
 
Voici pourquoi les récentes politiques monétaires dites "accommodantes" des banques centrales sont pointées du doigt par certains polémistes : on les accuse d'avoir dopé le prix de toutes les classes d'actifs, selon une mécanique que nous expliquions dans cet article
 
A l'inverse de ce premier phénomène, et toujours pour résumer grossièrement, quand la masse monétaire augmente proportionnellement moins vite que la production, c'est la compétition à la vente qui prend le dessus : s'ensuit une dynamique de baisse des prix – c'est-à-dire une déflation – tandis que les acteurs économiques suspendent leurs projets d'investissements.
 
Les banques centrales sont donc amenées à jouer un rôle stratégique dans la régulation de l'économie : elles peuvent ainsi choisir d'augmenter la masse monétaire lorsque l'économie déprime, pour stimuler l'investissement ou la consommation ; ou au contraire choisir de la diminuer, lorsque la machine surchauffe et que les prix s'envolent – elles sont alors en plein dans leur mandat premier de "contrôler l'inflation".
 
Naturellement, aucun excès dans les phénomènes d'inflation ou de déflation n'est souhaitable. Mais chaque pièce compte deux faces, et comme pour toute recette complexe, la réussite ou l'échec est avant tout affaire de mesure et... de chance.
 
Par exemple, effet d'abondance oblige, l'inflation entraîne une perte de valeur de la monnaie, et donc une baisse du pouvoir d'achats des acteurs économiques domestiques. Cependant, une monnaie qui faiblit par rapport aux autres dynamise les exportations – car le pouvoir d'achat des étrangers augmente – et allège le poids de l'endettement des Etats, puisque le capital remboursé aux préteurs vaudra moins demain qu'aujourd'hui. 
 
Une inflation contrôlée présente donc un intérêt certain, par exemple lorsqu'un Etat souverain emprunte à long-terme à 2%, avec une cible d'inflation entre 1 et 1,5%...
 
La déflation présente la même ambivalence : une réduction de la masse monétaire entraîne une baisse trop prononcée des prix, et pose à la production le risque de ne plus trouver le capital nécessaire à son développement – effet de pénurie oblige, ce dernier est devenu plus exigeant. Cependant, en période de surchauffe économique, réduire la masse monétaire permet de doucher les fièvres spéculatives et de rééquilibrer le système – par exemple en le purgeant de ses acteurs inefficaces qui ne survivent qu'à la grâce du crédit facile.
 
Naturellement, tous ces concepts de la théorie économique classique ne sont... que pure théorie. La pratique a prouvé que l'économie était une discipline en large partie comportementale, où l’instant animal jouait un rôle essentiel, et où il était difficile d'établir des relations systémiques à même de prédire l'avenir avec précision – comme par exemple avec la météorologie, où la technique est maitrisée et les phénomènes compris, mais la projection à plus de quelques jours hasardeuse.
 
Dans cet imbroglio, plus encore que le contrôle de la masse monétaire, le principal rôle des banques centrales est d'inspirer la confiance des acteurs économiques – qu'ils sachent que la politique monétaire sert au mieux leurs intérêts, et qu'ils acceptent alors de se reposer sur celle-ci pour planifier les investissements.
 
 

Thomas Gouttman
© Zonebourse.com 2018
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Réagir à cet article
zedman - Il y a 1 an arrow option
Ce qui pose la question essentiel: les banques centrales défendent les intérêts de qui??
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