On le sait, Donald Trump fonctionne beaucoup par hyperboles. Cette déclaration peut donc être rangée dans cette catégorie.
C’est peut-être aussi un coup de pression à Kevin Warsh, qu’il vient de nommer à la tête de la Fed. "On peut croître de 15%, je pense plus que ça" si Warsh "fait le travail dont il est capable, a-t-il déclaré dans une interview à Fox News, enregistrée lundi.
Dans son interview à Fox News, Trump ne précise pas de quelle métrique il parle. On ne sait pas s’il s’agit d’une croissance d’une année sur l’autre ou en cumulé. 15% de croissance par an est un chiffre purement fantaisiste. Sur toute la durée de son mandat (4 ans), il faudrait environ 3.5% de croissance chaque année pour atteindre les 15% de croissance en cumulé.
C’est un chiffre élevé mais beaucoup plus raisonnable. Et peut-être atteignable si les investissements dans l’IA produisent à plein leurs effets, avec un boom de la productivité. C’est d’ailleurs un peu la thèse que Kevin Warsh défend et c’est ce qui permet, selon lui, de continuer à baisser les taux.
La croissance américaine a atteint 4.4% au troisième trimestre, après 3.8% au deuxième trimestre. Une croissance de plus en plus tirée par les investissements dans l’IA. Selon le modèle de GDP Now de la Fed d’Atlanta, le PIB devrait progresser de 4.2% au quatrième trimestre 2025. On parle ici de croissance trimestrielle en rythme annualisé.

Croissance trimestrielle en rythme annualisé aux Etats-Unis. Sources : Bureau of Economic Analysis
L’économie américaine croît au-dessus de son potentiel depuis plusieurs années maintenant : 2.5% en 2022, 2.9% en 2023, 2.8% en 2024. Le potentiel est lui plutôt estimé autour de 2%.
C’est aussi ce qui explique que l’inflation soit toujours « quelque peu élevé », pour reprendre le vocabulaire de la Fed. L’inflation, mesurée par le CPI, s’est élevée à 2.7% en décembre. Une économie qui croit au-dessus de son potentiel a tendance à produire de l’inflation.
























