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Mathieu
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BREXIT : La dernière ligne droite

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15/11/2018 | 08:08

De l'autre côté du Channel, notre spécialiste du FOREX Mathieu Burbau va nous faire vivre le compte à rebours du Brexit depuis le coeur de Londres. Des pas de danse de Theresa May à l'évolution de la Livre Sterling, des facéties de Boris Johnson aux réunions de la Banque d'Angleterre, vous retrouverez dans cette rubrique toute l'actualité sur cet événement sans précédent.

Vendredi 16 Novembre :  L’avenir de Theresa May se joue en ce moment



Selon des informations de presse, une motion de censure contre le gouvernement pourrait provoquer un vote de confiance au Parlement dès aujourd’hui. 48 Conservateurs, soit le nombre minimum requis, se seraient en effet entendus pour renverser la Première ministre.

En conséquence, si au moins 159 députés Tories sur 315 souhaitent le départ de Theresa May, celle-ci sera contrainte de plier bagage, son accord de 600 pages sous le bras, plongeant le Royaume-Uni dans une nouvelle période d’instabilité politique à seulement quatre mois du Brexit.

Dans le cas inverse, le statut de celle qui a résisté à toutes les secousses depuis désormais 28 mois se renforcerait significativement au meilleur des moments.

Jeudi 15 Novembre : Hécatombe

Au lendemain de la publication de l'accord, pas moins de cinq responsables britanniques claquent la porte du gouvernement.

Ainsi Dominic Raab, ministre chargé du Brexit, et sa secrétaire d'Etat Suella Braverman, se désolidarisent de leur Première ministre, de plus en plus isolée.

Pour Esther McVey, secrétaire d'Etat au Travail et aux Retraites, "l'accord présenté au gouvernement n'honore pas le résultat du référendum".

Shailesh Vara, secrétaire d'Etat à l'Irlande du Nord, estime de la même façon que le texte ne répond pas à la volonté des Britanniques.

Enfin Anne-Marie Trevelyan, sous-secrétaire parlementaire de l'Enseignement, quitte également ses fonctions.

Mercredi 14 Novembre : Accord de façade

Si un accord de 585 pages, réglant la plupart des question relatives au divorce entre l'UE et le Royaume-Uni, a été publié ce mercredi à Bruxelles, les interrogations au sujet du cas irlandais demeurent. Le temps presse et il fallait annoncer quelque chose. Faute de mieux, Londres restera dans l’Union douanière après la fin de la période de transition (actuellement décembre 2020) jusqu’à ce qu’un accord de libre-échange soit conclu. Un « filet de sécurité », destiné à éviter de rétablir une frontière physique entre Dublin et Belfast, offrirait alors un statut particulier à l’Irlande du Nord.

Des annonces qui font grincer des dents outre-Manche, chez les eurosceptiques comme chez les Remainers. Pour les indépendantistes irlandais du DUP ou les Brexiters, le texte est trop favorable à l’Europe et place Londres sous tutelle de Bruxelles pour une période indéterminée. Pour Tony Blair, opposé au Brexit, l’accord est pire que tout. Pour Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise pro-européenne, le statut de l’Irlande du Nord doit être étendu à l’ensemble du Royaume-Uni.

Pas sûr donc de voir enfin le bout du tunnel. Si le cabinet de Theresa May, composé de ses principaux ministres, invite le gouvernement à valider l'entente, les rumeurs au sujet d'un vote de défiance, qui pourrait coûter sa place à la Première ministre, s'intensifient. Et même si la résidente du 10 Downing street restait en fonction, l'accord devra obtenir l'aval très hypothétique des députés de la Chambre des Communes, puis des 27 autres parlements nationaux de l'Union européenne.


Lundi 12 Novembre : Nouvelle vague de démissions en ligne de mire

Selon le Sunday Times, quatre ministres opposés au Brexit seraient sur le point de quitter le gouvernement britannique dans le sillage de la démission vendredi de Jo Johnson, secrétaire d’Etat aux transports, favorable à une nouvelle consultation du peuple, et accessoirement frère de Boris Johnson, l’ancien maire charismatique de Londres.

L’UE s’opposerait par ailleurs à un accord douanier provisoire durant la période de transition pour contourner le problème de la frontière irlandaise. Bruxelles souhaite ainsi éviter que Londres ne puisse décider de s’émanciper des règles européennes avant la fin des négociations commerciales entre les deux parties, soit en choisissant unilatéralement de quitter l’Union douanière, soit en faisant du dumping au sein-même de celle-ci.

Mercredi 7 Novembre : "Trois pas en avant, deux pas en arrière"

Une formule prémonitoire du secrétaire général de la Commission européenne Martin Seylmar mardi soir alors que Michel Barnier a jugé ce mercredi sur Twitter que les avancées étaient toujours insuffisantes, douchant les espoirs quant à l'organisation d'un sommet exraordinaire consacré au Brexit en Novembre.

Le traditionnel rassemblement de fin d'année se tiendra lui les 13 et 14 Décembre et sera sans doute la dernière chance de parvenir à un accord en donnant assez de temps aux parlements nationaux pour le ratifier avant le 29 Mars prochain, la date officielle du divorce.

Lundi 5 Novembre : 70 chefs d'entreprises britanniques réclament un nouveau vote

Sans faire référence à l'organisation d'un second référendum, les grands patrons montent au créneau outre-Manche en publiant une lettre dans le Sunday Times. Craignant un "Brexit dur destructeur", potentiellement "mauvais pour les affaires et pour les travailleurs", il estiment que le "choix final" doit revenir au peuple.

De son côté, le gouvernement estime, par la voix de son secrétaire d'Etat au Trésor John Glenn, qu'un accord entre Londres et Bruxelles sur les services financiers post-Brexit est imminent. Une déclaration en ligne avec les informations de presse parues la semaine passée.

Enfin toujours dans le journal du dimanche britannique, la Une fait annonce un "accord secret" de Theresay May et évoque une concession inattendue de l'UE sur la frontière irlandaise. Un porte-parole de la Première Ministre a toutefois qualifié ces éléments de pures "spéculations".

Mercredi 1er Novembre : Démentis d'un accord sur les services financiers

Bien que Michel Barnier et le gouvernement britannique aient démenti une information du quotidien The Times selon laquelle un accord sur les services financiers, secteur-clé outre-Manche, serait imminent, la Livre Sterling s'envole face à l'Euro et au Dollar sur le marché des changes.

De quoi éclipser le vote à l'unanimité de la BoE pour un maintien de son taux directeur à 0.75%. La banque centrale prévoit désormais trois relèvements monétaire au cours des trois prochaines années en cas de Brexit soft, contre un seul auparavant. Dans le scénario d'une sortie désordonnée, les argentiers britanniques seraient pris en étau entre une inflation soutenue par une potentielle chute de la Livre et une croissance chahutée par une baisse de l'activité économique. Pour le président de l'institution Mark Carney, l'impact d'un Brexit dur sur l'équilibre entre l'offre, la demande et le taux de change n'étant pas connu à l'avance, la réponse en matière de politique monétaire pourrait "aller dans les deux sens".

Mardi 31 octobre 2018 : Accord en vue selon Dominic Raab

Dans une lettre adressée à des parlementaires, datée du 24 octobre et publiée ce mercredi, le ministre du Brexit Dominic Raab pense parvenir à un accord avec l'UE d'ici le 21 Novembre prochain. Si, selon lui, "95% de l'accord de retrait est maintenant réglé", le gouvernement, toujours dans l'impasse sur le cas irlandais, ne semble pas si disposé à s'avancer en matière de calendrier.

Mardi 30 octobre 2018 : Dernier budget avant le Brexit

Sortie de l’UE oblige, le Chancelier de l’Echiquier Philip Hammond a présenté le prochain budget britannique avec quelques semaines d’avance.

S’il a prévenu qu’un « no deal » dans cinq mois obligerait le gouvernement à revoir sa copie, ce partisan d’un Brexit soft a néanmoins pu compter sur un coup de pouce du destin alors que la croissance vient d’être révisée en hausse, de +1.3 à +1.6% pour 2019, de +1.3 à +1.4% pour 2020.

Une perspective synonyme de cagnotte fiscale qui, ajoutée à une nouvelle taxe sur les géants du net à partir d’avril 2020, va permettre au Royaume-Uni d’en finir avec huit années d’austérité, tuant dans l’œuf les promesses de l’opposition travailliste.

A l’heure où les incertitudes entourant le divorce entre Londres et Bruxelles n’ont jamais été si grandes, le paradoxe est remarquable.

Vendredi 26 octobre 2018 : La guerre des pourcentages
 
Pour Theresa May, Première ministre britannique, l'accord sur le Brexit est bouclé à 95%. Pour Michel Barnier, négociateur en chef pour l'UE, à 90%. Pour Guy Verhofstadt, coordinateur du parlement européen pour le Brexit, l'entente est en revanche "réglé à 0%" tant que le cas de la frontière irlandaise reste dans l'impasse.
 
Dans un show devant la commission parlementaire à Strasbourg, le politicien belge a même raillé les difficultés britanniques avec le "système métrique".

Mercredi 24 octobre 2018 : 

Sans surprise, Theresa May est rentrée à Londres sans obtenir d’avancées majeures à Bruxelles lors du sommet de la semaine passée.

Se présentant lundi à la Chambre basse du Parlement, la Première ministre a appelé les députés à la soutenir dans la dernière ligne droite, estimant qu’un accord serait bouclé à 95%, tout en reconnaissant que les tractations entrent dans leur phase la plus difficile.

Si un terrain d’entente aurait récemment été trouvé pour Gibraltar, territoire britannique au sud de l’Espagne ou quant à la future collaboration avec l’UE en matière de sécurité, le cas de l’Irlande reste dans l’impasse. Theresa May rejette en bloc les propositions de Bruxelles en la matière et propose soit un espace douanier temporaire, soit une prolongation de la période de transition « dans certaines circonstances ». Cette dernière hypothèse irrite particulièrement sa famille politique, à la fois chez les pro-UE et du côté des eurosceptiques.

Si suffisamment de Tories ralliaient les adversaires de la cheffe du gouvernement, un vote de confiance pourrait même, à cinq mois du Brexit, déclencher le siège éjectable du 10 Downing Street.

 

Mathieu Burbau
© Zonebourse.com 2018
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