EEKLO, BELGIQUE, 22 août (Reuters) - Les coopératives énergétiques belges, qui comptent sur leur propre production plutôt que de s'approvisionner sur des marchés volatils, ont vu la demande augmenter considérablement alors que les prix de l'énergie grimpent en flèche.

La coopérative Ecopower a ainsi du refuser de nouveaux membres. N'étant pas capable de produire plus, elle devrait acheter de l'électricité sur le marché au comptant - où les prix atteignent des sommets - si elle voulait fournir davantage.

"Notre promesse n'est pas d'être toujours les moins chers", a déclaré Margot Vingerhoedt, porte-parole d'Ecopower. "Nous apportons une réponse à la triple crise du réchauffement climatique, de la dépendance géopolitique, ainsi que de l'inflation des prix et de la pauvreté énergétique."

"Les prix faramineux aggravent la situation et les entreprises énergétiques traditionnelles ne s'attaquent pas à ce problème, car leur principal objectif est le profit."

La Belgique est confrontée à l'inflation énergétique la plus haute de l'Union européenne, selon un rapport d'Eurostat en début d'année.

Selon le calculateur de l'autorité de régulation flamande, un ménage consommant 2.000 kilowatts par heure (kWh) par an peut tabler sur une facture d'environ 570 euros par an chez Ecopower, soit la moitié de celle du fournisseur commercial le moins cher.

Créée en 1991, Ecopower est aujourd'hui la plus grande coopérative énergétique de Belgique. Ses éoliennes et ses panneaux solaires ont produit 80 millions de kWh l'année dernière et fournissent de l'électricité à quelque 55.000 ménages.

Les membres peuvent acheter un maximum de 20 parts sociales à 250 euros chacune, percevoir des dividendes plafonnés à 6% sur les ventes excédentaires et codécider des prochains investissements.

Une autre coopérative, Energent, a déclaré avoir aidé 694 ménages à installer des panneaux solaires depuis le début de l'année, le nombre de nouveaux membres pour la seule période janvier-mars dépassant les chiffres annuels de 2020 et 2021.

"Les prix sont fous en ce moment et les gens se concentrent là-dessus. Mais à long terme, les coopératives d'énergie vont attirer de plus en plus de personnes, car les effets du réchauffement climatique sont de plus en plus tangibles", a déclaré An Van Hemeldonck, responsable du projet Energent.

À Anvers, la coopérative ZuidtrAnt a dû refuser des personnes souhaitant se raccorder à son système de chauffage, qui offre un prix fixe sur plusieurs années.

Il existe une quarantaine de coopératives qui fournissent de l'électricité à environ 2% des ménages belges, mais pour qu'elles se développent, il faut des lois plus favorables, a déclaré Oscar Guell de la fédération REScoop.

"Nous préconisons l'abandon des réglementations obsolètes et du système énergétique centralisé conçu pour les grandes entreprises énergétiques et les combustibles fossiles, au profit d'un modèle énergétique plus décentralisé", a-t-il déclaré.

La ministre flamande de l'Énergie, Zuhal Demir, a déclaré être une fervente partisane des coopératives d'énergie. Le ministère fédéral belge de l'Énergie a déclaré qu'il avait besoin de plus de temps pour commenter. (Reportage Gabriela Baczynska, avec la contribution de Bart Meijer ; rédigé par Gabriela Baczynska, version française Valentine Baldassari, édité par Kate Entringer)