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''Brésil : aucune inquiétude à avoir pour les investisseurs étrangers avec l'arrivée au pouvoir de Dilma Rousseff''
Charles-Henry Chenut, Avocat associé au sein du cabinet franco-brésilien Chenut Oliveira Santiago, et Conseiller du commerce extérieur de la France

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04/10/2010 | 11:15
Quel bilan faites-vous des deux mandats du président Lula ?
Il n'est pas évident de tirer un bilan des deux mandats de Lula, alors que ce dernier est encore en place. Toutefois, objectivement, nous pouvons retenir que, sur le plan économique, les résultats obtenus sont bons. Le Président Lula a bénéficié des politiques déjà lancées par son prédécesseur, Fernando Henrique Cardoso, pour les poursuivre avec rigueur. Il est certain que la conjoncture mondiale a également servi les intérêts du Brésil et mis en exergue ses capacités de production.

La réactivité du gouvernement de Lula, son pragmatisme dans les choix opérés et la détermination de ses plans d'action ont aussi largement contribué au succès que ce pays rencontre aujourd'hui d'un point de vue économique. De nombreux indicateurs témoignent d'un bilan sur ce terrain positif : une maitrise de l'inflation, une augmentation régulière du PIB, l'accumulation constante de réserves de change ou encore le remboursement de la dette du pays au FMI.

Sur le plan social, en revanche, le constat est plus nuancé. Des avancées ont toutefois été notables comme, par exemple, une hausse du pouvoir d'achat, une revalorisation du SMIC, une amélioration de l'épargne et une meilleure accession à la propriété avec une politique du crédit favorisée. La pauvreté a ainsi opéré un certain recul et le taux de chômage ne cesse de baisser. La classe C du consommateur brésilien est aujourd'hui devenue une réalité, segment nouveau sur lequel se positionnent de nombreux investisseurs.

Mais certaines difficultés – de taille – persistent sur dans le domaine de l'éduction, de la santé qui demeure toujours largement insatisfaisant. Linsécurité persiste notamment dans les métropoles. L'inégalité des chances et la ségrégation raciale restent enfin une vraie difficulté.

Le bilan social est donc mitigé avec des avancées réelles et des attentes toujours fortes.

De quelle manière appréciez-vous le bilan de Lula dans son aspect politique ?

Il faut aborder cet aspect politique sous deux angles. Au niveau international, le bilan est historique. Le pays s'est ouvert hors de ses frontières grâce aux efforts menés par le Président Cardoso. Lula a largement profité de cette ouverture et a accéléré ce processus sur deux fronts. Tout d'abord, sur un axe Nord-Sud, en imposant le Brésil aux tables des négociations internationales et en faisant porter la voix de ce pays dans le concert international, servi par une diplomatie d'une très grande compétence, démontrant aux pays occidentaux qu'il leur fallait à présent composer avec le Brésil qui joue une mélodie qui lui est propre. La ligne adoptée par le Brésil est de nourrir le débat mené par les grandes puissances industrielles tout en s'affranchissant de toute tutelle dogmatique occidentale.

Sur le front Sud-Sud, Lula a eu l'intelligence, en reprenant une position de leadership en Amérique latine, de devenir un partenaire privilégié et influent en Afrique. L'ouverture de nouvelles ambassades, la signature d'accords de coopérations illustrent, entre autres, les efforts concrets qui ont été poursuivis pour assoir l'autorité du Brésil dans cette partie du monde. Le Brésil n'a pas pour autant négligé de renforcer ses liens avec l'Afrique du Sud et l'Inde.

Quel regard portez-vous sur l'intervention du Brésil en Iran, ou au Proche Orient ?
Ces interventions ont pu paraître étonnantes, comme venant brouiller la politique étrangère brésilienne que certains observateurs considéraient comme parfaitement alignée à celles des pays industriels. Je crois pourtant que rien n'est laissé au hasard lorsque le Brésil désire se faire entendre à l'international. L'objectif du Brésil n'était certainement pas, me semble-t-il, d'apporter une solution iranienne ou proche orientale, mais davantage de démonter à l'ensemble de la classe internationale sa capacité propre de négociation. La position du Ministre des affaires étrangères brésilien était à cet égard très éclairante : pourquoi le Brésil – a qui l'on ne saurait reprocher, par exemple, d'avoir une position sur le développement nucléaire absconse – ne pourrait-il pas entamer une tentative de négociation à l'instar d'autres pays plus traditionnellement présents dans ce type dialogue ? Si la position du Brésil peut parfois surprendre, elle est de toute évidence dorénavant observée, voire attendue.

Au niveau interne, le bilan politique de Lula est plus négatif…
Lula jouit d'une cote de popularité tout à fait singulière. A l'inverse de Cardoso, Lula est crédité – dans les sondages – d'opinions très favorables, avec un pourcentage qui n'a cessé de croître depuis son investiture jusqu'à aujourd'hui. Empathique, charismatique – parfois gaffeur, le président Lula a su fédérer une très grande partie des brésiliens autour de lui, touchant toutes les couches de la population, allant même parfois jusqu'à atteindre l'électorat traditionnel de droite. Cet engouement, de temps à autre bercé de populisme, ce traduit par le salut de l'homme avant celui de son parti, le PT, voire même de son programme.

Si Lula aura marqué la politique brésilienne, sa politique – sur le plan national – n'aura pas marqué les brésiliens. En effet, contrairement à ses objectifs initiaux, Lula n'est pas parvenu à circonscrire ou à éliminer la corruption et le clientélisme politique. Il en a même finalement joué afin de servir plus rapidement les intérêts économiques du pays. C'est donc un échec à l'égard de l'électorat brésilien qui, depuis longtemps, ne se trouve plus mobilisé autour de la question politique.

De par ces considérations, de quelle manière appréhendez-vous l'arrivée au pouvoir de Dilma Rousseff ?

Au niveau international, les choses ne devraient pas changer. Les bases posées de partenariats et de coopérations bilatérales ou multilatérales seront maintenues, voire développées. Les grands chantiers, les projets d'infrastructures, les contrats militaires et tous les accords commerciaux subséquents seront respectés et continueront de s'inscrire dans le temps. Le pays poursuivra ses réformes structurelles et devrait maintenir ses engagements à l'échelle internationale.
De ce fait, je ne relève a priori aucune inquiétude particulière pour les investisseurs étrangers.

Quelle pourrait être la suite des événements pour Lula ?

Plusieurs hypothèses sont avancées. D'abord, Lula pourrait se retirer de la vie politique et reprendre une action syndicaliste, voire altruiste, de défense de grands sujets internationaux dans l'humanitaire ou l'environnemental. Je n'y crois pas réellement. Lula a pris goût à l'action politique de haut niveau ; il est encore jeune et une retraite vers ses premières amours ou une action moins directement en prise avec l'actualité politique internationale me semble peu correspondent à ses aspirations.

Une deuxième option évoquée consiste à prétendre que Lula piloterait Dilma – si cette dernière remportait les élections – et pourrait attendre 4 ans avant de se représenter aux élections présidentielles. Je ne crois pas davantage à cette hypothèse. D'abord, Lula n'est pas un homme de l'ombre, endossant le rôle d'une éminence grise, tissant en arrière main la toile de la politique brésilienne. Cela ne correspond pas au personnage, ni à son expression politique, ni à ses engagements personnels. Ensuite, à la différence de l'exemple russe, Lula n'aurait aucun titre officiel pour assumer un tel rôle, il ne serait ni premier ministre, ni vice président de la République. Enfin, il n'est pas impossible que Dilma veuille assez vite s'affranchir de l'autorité de Lula – dont elle aura pourtant largement profité. C'est une femme de caractère. Une fois aux affaires, elle désirera certainement assurer seule la fonction présidentielle.

Un troisième scénario serait d'envisager que Lula accède à un poste international. La présidence du FMI a été mentionnée. Mais, je ne crois pas que la communauté internationale soit encore prête à attribuer cette fonction à un ex président d'un pays émergent. Le siège du secrétariat général des Nations-Unies ne me semble pas davantage accessible, car les dernières positions du Brésil sur l'échiquier international ont certes assis l'autorité du pays, mais ont eu pour effet de jeter le voile sur la capacité de Lula de pouvoir diriger, en toute quiétude, les destinées des Nations Unies.

J'attends donc avec impatience et une certaine curiosité les prochains mois afin d'observer les choix de reconversion d'un ex président encore jeune, ambitieux et volontariste.

Où en sont les relations entre la France et le Brésil actuellement ? Que peut-on envisager à l'avenir ?
Le bilan France-Brésil est excellent. L'année de la France au Brésil a été très bonne. En 2008, le portage politique franco brésilien fut excellent. Nos présidents ne se sont jamais autant rencontrés. Des groupes de travail, des comités techniques interministériels, des commissions mixtes ont été mis en place. De nombreux accords de coopération ont été conclus.

Toutefois, après un tel engouement, 2009 a marqué le pas. Les entreprises ont pris le temps d'une respiration avant d'investir à nouveau, dès l'automne 2010, et de s'implanter au Brésil. La relance est aujourd'hui très forte. Les attentes de l'année dernière se concrétisent, évidemment prises dans le tourbillon attractif des événements de 2014 et 2016. Plusieurs opérations sont montées en ce sens, avant la fin de cette année, afin d'encourager l'investissement français à se tourner vers les marchés brésiliens.

Propos recueillis par Imen Hazgui


© Easybourse 2010
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