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En quoi le rachat de Quick par l’Etat français est-il atypique ?

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18/04/2011 | 18:21

À la suite d’une OPA et d’une OPR, la CDC CI, une filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations, a acquis la totalité du capital de Quick. Quatorze ans après son entrée au Second Marché de Bruxelles, Quick a donc été radié de la cote d’Euronext Bruxelles et est devenue une entreprise appartenant à l’Etat français. Nous allons vous expliquer, à travers cet article, pourquoi le rachat par l’Etat de la chaîne de restaurants Quick nous a semblé atypique.

« De par ce changement d’actionnaire, Quick devient une société française. Je salue l’arrivée de CDC Capital Investissement comme nouvel actionnaire unique du Groupe Quick qui a marqué sa confiance aux cadres dirigeants de l’entreprise en les associant au rachat sous forme de LMBO. » Tels étaient les mots de Jean-Paul Brayer, Président de Financière Quick et CEO du Groupe Quick dans la note annuelle de 2006. Les choses ne peuvent pas être plus claires : Quick est depuis 2006, une société française, appartenant indirectement à l’Etat français.

Nous nous sommes donc penchés sur cet investissement. Nous tenons à préciser que, pas une seule fois, nous avons dénoncé un scandale politique relevant d’une quelconque corruption. Nous nous sommes contentés d’analyser l’aspect financier et économique du dossier. Il n’aurait pourtant pas été difficile de mettre en exergue les relations de connivence entretenues par Albert Frère et Nicolas Sarkozy. Il aurait par exemple suffit de mentionner la présence d’Albert Frère au Fouquet’s, au lendemain de l’élection présidentielle du 6 mai 2007 ou encore d’évoquer la remise de la grand-croix de la Légion d’honneur décernée par Nicolas Sarkozy à Albert Frère et son associé, l’homme d’affaires canadien, Paul Desmarais en février 2008. Nous ne l’avons pas fait. Tout simplement parce que chez Zonebourse, nous ne mangeons pas de ce pain là. Nous nous nourrissons de graphiques, de données financières et d’actualités.

Après une enquête sérieuse et des recherches poussées, nous nous sommes rendu compte que ce genre de rachat n’était pas habituel pour l’Etat français, Quick ne correspondant pas aux critères d’investissement prônés par la CDC.

Développement durable, logement social, politique de la ville et…hamburgers !
En premier lieu, nous nous sommes interrogés sur les conditions d’intervention d’une institution telle que la CDC. La Caisse des Dépôts et des Consignations est un organisme public crée en 1816. Souvent surnommée le « bras financier de l’Etat », la CDC est censée remplir des missions d’intérêt général. Sur le site de la CDC, le slogan est explicite « Un groupe au service de l’intérêt général et du développement économique ». Le code monétaire et financier (revu en 2008 par la loi de modernisation de l’économie) qui régit la Caisse des dépôts et consignations est tout aussi formel : « La Caisse des dépôts et consignations et ses filiales constituent un groupe public au service de l’intérêt général et du développement économique du pays. La Caisse des dépôts et consignations est un investisseur de long terme et contribue, dans le respect de ses intérêts patrimoniaux, au développement des entreprises. » (Code monétaire et financier Art. L518-2)

Qualium Investissement (le nouveau nom de la CDC CI depuis 2010), en tant que filiale de la CDC, est donc censée être « en totale adéquation avec la philosophie de la Caisse des Dépôts ». Les critères d’investissement de la CDC ont d’ailleurs été reprécisés lors de l’adoption du nouveau plan stratégique en 2007. Appelé Elan 2020 ce plan affirme son identité d’investisseur de long terme et fixe, pour la décennie à venir, quatre priorités d’action pour répondre aux urgences du pays : le logement, les universités, les PME et le développement durable.

Pourquoi la CDC CI a-t-elle racheté Quick, alors que cette entreprise ne répondait pas à ses priorités ? Au-delà des critères théoriques affichés par la CDC, nous avons mené notre enquête afin de savoir quels investissements la CDC avait déjà réalisé. Cette recherche a été des plus révélatrices.

La CDC utilise l’épargne du livret A (qu’elle qualifie de "bien public") pour financer la création des lignes à grande vitesse, la rénovation des universités et des hôpitaux ou le logement social. A titre d’exemples : en octobre 2010, la CDC entre dans La Poste en apportant 1,5 milliard d’euros en échange de 26,32% du capital. En Mars 2010, la CDC accorde un prêt aux collectivités locales de 500 millions d’euros pour financer le TGV breton. Cet investissement entre dans le cadre du développement économique local et national. En Novembre 2009, la CDC investit 9 millions d’euros contre 35% du capital dans les parcs éoliens et les parcs solaires de l’entreprise Aerowatt Energies. En juillet 2009, la CDC acquiert 24% de Metnext, un fournisseur de services de gestion des risques spécialisés dans l’identification des menaces climatiques. Ces investissements entendent soutenir les initiatives prises en termes de développement durable. La CDC investit aussi dans les éco-quartiers, à Rennes et Montpellier notamment, et dans les politiques de la ville. Vous l’aurez compris, nous sommes bien loin des sandwiches ! Relayer les zones d’ombre entourant cet investissement nous semblait donc normal.

Un investissement atypique
Nous considérons avoir simplement fait notre travail sans aucune visée diffamatoire. Le rachat de Quick par la CDC CI est, en de nombreux points, atypique :

Tout d’abord, sur son site, Qualium Investissement dit « investir dans des PME françaises non cotées ». En 2006, avant d’être racheté, Quick est un groupe mondialisé, coté à Euronext Bruxelles et de nationalité belge !

Sur son site, Qualium Investissement dit privilégier des investissements dans « les secteurs en croissance bénéficiant de réelles possibilités de consolidation et de développement. » Les deux premiers restaurants Quick ont ouvert en 1971. De par ses nombreuses implantations en France et son secteur d’activité, l’entreprise âgée de quarante ans, ne possède pas un potentiel de croissance pharamineux. Il s’agit d’une activité ayant atteint une phase de maturité.

Ensuite, la CDC affirme « s’engager financièrement sur le long terme ». Or la CDC CI a acheté Quick en novembre 2006 et a mandaté la banque Rothschild, en janvier 2010, pour céder sa participation. Comment peut-on prétendre à un investissement de long terme alors que la CDC a souhaité revendre Quick trois ans plus tard ?

L’autre élément qui nous a semblé pertinent de souligner est le suivant : l’Etat ne s’est pas contenté d’accompagner Quick en prenant une simple participation. Non, il a acheté plus de 95% de l’entreprise, autrement dit il en a pris le plein contrôle. Ce rachat contraste donc avec la philosophie de la CDC CI qui affirme sa « volonté d’accompagnement actif et durable des entreprises ». On s’attendait donc à ce que la CDC déploie une stratégie innovante pour assurer la croissance de l’entreprise. Or, l’année suivant le rachat, Quick annonce dans sa note annuelle que « 2007 sera l’année du changement dans la continuité. Changement lié au rachat en LBO, continuité dans l’application de la stratégie initiée depuis 2002 ».

Notons, de surcroît, que depuis 2002 et jusqu’à aujourd’hui le développement de la société Quick passe par l’international : la note annuelle de Quick de 2009 stipule en effet qu’« en 2009, Quick a mis en place une équipe dédiée spécifiquement au développement international » et de nouvelles ouvertures ont eu lieu en Europe, en Russie et au Maghreb. Il est donc difficile de voir un enjeu national !

Cette opération ne correspond pas à la philosophie d’investissement de la CDC, ne répond pas à un enjeu national et n’a pas engendré de bouleversement stratégique. L’intérêt de cette acquisition est alors peut-être purement économique ? Nous nous intéresserons donc la semaine prochaine au prix d’acquisition de nos actions Quick et à leur valorisation aujourd’hui.

Pauline Raud & Franck Morel

© Zonebourse.com 2011
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jipe69
Le 21/04/2011 à 11:04
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Ich bin ein hamburger
aurait- pu dire Sarko se prenant pour Kennedy !
  
  
jipe69
Le 21/04/2011 à 11:01
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Albert Frère au Fouquet's
Peut-être qu'en échange il avait invité Sarko au Quick ?
  
  
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