Les aimants aux terres rares sont composés de divers éléments du groupe des 17 terres rares, leur composition chimique déterminant leur performance. Les aimants à haute performance sont destinés à des secteurs stratégiques comme l’automobile, l’énergie éolienne ou l’aéronautique militaire, tandis que les versions moins performantes sont utilisées dans les produits électroniques et électroménagers.
Cependant, le site des douanes chinoises ne différencie pas ces types d’aimants dans ses classifications, se contentant d’un seul code douanier pour l’ensemble. Résultat : bien que les restrictions imposées par Pékin en avril visaient uniquement certains types à haute performance, au moins deux expéditions de modèles à faible performance ont été bloquées, ont indiqué deux sources à Reuters.
Les exportateurs concernés ont pourtant fourni des documents attestant que leurs produits n’étaient pas soumis aux restrictions. Malgré cela, les envois n’avaient toujours pas quitté la Chine au moment de la publication, signe d’une application incertaine et d’un manque de clarté sur les modalités douanières.
Des répercussions chez les industriels européens
Le groupe allemand Bosch, fabricant de pièces automobiles et d’électroménager, a indiqué que ses fournisseurs faisaient face à des goulets d’étranglement sur certains approvisionnements critiques en terres rares. "La procédure de demande de licences d’exportation depuis avril est complexe et chronophage, notamment en raison du grand nombre d’informations requises", a déclaré un porte-parole.
D’autres groupes semblent pour l’instant épargnés. Les fabricants d’électroménagers Electrolux et Smeg ont confirmé ne pas rencontrer de difficultés à ce jour.
Les données douanières illustrent toutefois l’impact immédiat des nouvelles règles : les exportations chinoises d’aimants permanents ont chuté de 51% en avril, pour s’établir à 2 626 tonnes, contre 15 267 tonnes au total pour le premier trimestre.
Alors que la Chine reste le principal fournisseur mondial de terres rares et d’aimants associés, toute perturbation dans la chaîne d’exportation de ces composants critiques fait craindre des répercussions sur l’industrie technologique et manufacturière mondiale.

























