BAGDAD, 19 mai (Reuters) - La liste du prédicateur Moktada al Sadr, l'un des rares dirigeants chiites irakiens à avoir pris ses distances avec l'Iran, a remporté les élections législatives au niveau national en Irak, a annoncé samedi la commission électorale.

Sadr a fait alliance avec les communistes et d'autres organisations laïques qui ont participé aux manifestations qu'il avait organisées en 2016 pour protester contre la corruption.

Il ne pourra pas devenir Premier ministre, puisqu'il ne s'était pas présenté à l'élection, mais cette victoire, inattendue, lui assure un rôle important dans les discussions sur la formation du nouveau gouvernement.

L'alliance menée par Sadr a obtenu 54 sièges au Parlement. La liste d'Hadi al Amiri, un chef de milice chiite soutenu par Téhéran, est arrivée en deuxième position et a obtenu 47 sièges. La formation du Premier ministre sortant Haïdar al Abadi n'est arrivée qu'à la troisième place avec 42 sièges.

Deux sources proches du processus politique en cours ont annoncé mercredi que le général iranien Qassem Soleimani, commandant des opérations extérieures du corps des gardiens de la Révolution, se trouvait à Bagdad pour des discussions sur la formation du futur gouvernement irakien.

L'objectif de Soleimani, qui dirige la force Al Qods, est de favoriser l'émergence à Bagdad d'un gouvernement qui aurait l'approbation de Téhéran, ont ajouté ces deux sources, dont l'une sert d'intermédiaire entre Sadr et d'autres responsables politiques irakiens.

Avant les élections, les premières depuis la défaite militaire des djihadistes sunnites du groupe Etat islamique (EI), l'Iran avait indiqué qu'il ne permettrait pas que l'alliance de Sadr puisse gouverner.

De son côté, Sadr a clairement dit qu'il n'était pas enclin à passer un compromis avec Hadi al Amiri ou Nouri al Maliki, ex-Premier ministre et autre figure de la communauté chiite, la communauté majoritaire en Irak.

Depuis le renversement de Saddam Hussein, en 2003, le poste de Premier ministre est dévolu à un chiite, la présidence du Parlement revient à un sunnite et la présidence, poste largement protocolaire, est réservé à la communauté kurde. Tous trois sont désignés par les parlementaires. (Michael Georgy et Raya Jalabi, Henri-Pierre André et Jean Terzian pour le service français)