(Actualisé tout du long)

L'Iran a lancé dans la nuit de samedi à dimanche une attaque de drones et de missiles contre Israël, a déclaré le porte-parole de l'armée israélienne, précisant que les systèmes de défense étaient prêts à les abattre.

L'Iran a menacé de riposter aux frappes aériennes israéliennes présumées contre son consulat à Damas, la capitale syrienne, le 1er avril, qui a tué sept officiers des Gardiens de la révolution, dont deux commandants de haut rang. Israël n'a ni confirmé ni rejeté la responsabilité de l'attaque.

Israël estime que l'Iran aurait lancé une centaine de drones et de missiles de croisière, dont certains ont été abattus au-dessus de la Syrie ou de la Jordanie.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réuni dans la foulée son cabinet de guerre au quartier général militaire de Tel Aviv.

Dans un communiqué, les Gardiens de la révolution iraniens, cités par les médias d'État iraniens, ont affirmé avoir lancé des dizaines de drones et de missiles contre des cibles en Israël.

La guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, qui dure depuis plus de six mois, a exacerbé les tensions dans la région et fait craindre un embrasement dans le Moyen-Orient.

Israël, le Liban ou encore la Jordanie, ont annoncé la fermeture de leur espace aérien dans la nuit de samedi à dimanche.

La défense aérienne égyptienne s'est mise en état d'alerte, ont rapporté des sources militaires et de sécurité locales.

Le ministre iranien de la Défense, Mohammad Reza Ashtiani, a averti que Téhéran répondrait fermement à tout pays qui "ouvrirait son espace aérien ou son territoire pour permettre des attaques d'Israël contre l'Iran", a rapporté dimanche l'agence de presse semi-officielle iranienne Mehr.

COMMUNICATION CONSTANTE

Le président américain Joe Biden, qui a mis en garde vendredi contre une possible attaque de l'Iran contre Israël, s'est engagé à soutenir l'Etat hébreu, a déclaré la Maison Blanche, ajoutant que l'attaque aérienne devrait se dérouler sur plusieurs heures.

Joe Biden est en communication constante avec les responsables israéliens ainsi qu'avec les partenaires et alliés des États-Unis, a déclaré la porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Adrienne Watson, dans un communiqué.

La France a condamné "avec la plus grande fermeté" l'attaque déclenchée par l'Iran contre Israël, a déclaré samedi le ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné.

"En décidant d'une telle action sans précédent, l'Iran franchit un nouveau pallier dans ses actions de déstabilisation et prend le risque d'une escalade militaire", a déclaré Stéphane Séjourné sur le réseau social X.

Le Premier ministre britannique, Rishi Sunak, a lui condamné une attaque "irresponsable" qui montre que l'Iran a "l'intention de semer le chaos dans son propre jardin".

Le général à la retraite Amos Yadlin, ancien chef des renseignements militaires, a indiqué que les drones étaient équipés de 20 kg d'explosifs chacun et que les défenses aériennes d'Israël étaient prêtes à les abattre.

Plus tôt dans la nuit, des dizaines de drones ont été aperçus volant depuis l'Iran en direction d'Israël au-dessus de l'espace aérien irakien, selon deux sources de sécurité irakiennes.

Samedi, l'agence de presse iranienne IRNA a rapporté que les Gardiens de la révolution iraniens ont saisi un cargo qu'ils estiment affilié à Israël dans le détroit d'Ormuz, quelques jours après l'avertissement de Téhéran d'une possible fermeture de la zone au trafic maritime.

MSC, qui exploite l'Aries, a confirmé que l'Iran avait saisi le navire et a déclaré qu'il travaillait "avec les autorités compétentes" pour ramener sains et saufs ses 25 membres d'équipage. (Reportage Dan Williams à Jérusalem, Parisa Hafezi à Dubaï, Timur Azhari à Bagdad, Eric Beech et Doina Chiacu à Washington, rédigé par Angus McDowall ; version française Kate Entringer)

par Dan Williams