Les contrats à terme sur les principaux indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en léger recul pour le Dow Jones et en hausse d'environ 0,4% pour le Standard & Poor's 500 et le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 perd 0,81% à 4316,23 points à 11h15 GMT après avoir cédé jusqu'à 3,1%. A Londres, le FTSE 100 0,75% tandis qu'à Francfort, le Dax avance de 0,1%.

L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,25%, le FTSEurofirst 300 de 0,41% et le Stoxx 600 de 0,47%.

Ce dernier a rebondi de 6,1% la semaine dernière, sa meilleure performance hebdomadaire depuis 2011.

Les Etats-Unis se dirigent vers une prolongation jusqu'à fin avril des mesures de confinement et de "distanciation sociale" en vigueur aujourd'hui, et en Europe, le bilan de l'épidémie ne montre au mieux que des signes timides laissant espérer une stabilisation.

"Pour l'instant, expliquent dans une note les stratèges d'UBS Global Wealth Management, nous continuons de penser que les marchés, à court terme, vont rester influencés en premier lieu par les informations sur le virus susceptibles d'aider les investisseurs à comprendre combien de temps les confinements sont susceptibles de persister et l'évolution des politiques monétaires et budgétaires, notamment des signes montrant qu'elles parviennent à atténuer les pertes d'emploi, les faillites d'entreprises et les tensions sur les marchés financiers."

Pour l'instant, les indicateurs économiques continuent de se dégrader: les conseillers économiques du gouvernement allemand n'excluent plus une contraction de plus de 5% du produit intérieur brut (PIB) cette année et le sentiment économique dans la zone euro a subi en mars, selon la Commission européenne, sa plus forte dégradation depuis le début de son suivi en 1985.

En Asie, la Banque populaire de Chine a réduit de 20 points de base, à 2,20%, l'un de ses principaux taux d'intérêt à court terme, sa plus forte baisse depuis cinq ans, et elle a injecté 50 milliards de yuans de liquidités à sept jours sur le marché monétaire, reprenant ce type d'interventions après une pause de près d'un mois.

La banque JPMorgan, elle, s'attend désormais à une contraction du PIB mondial de 10,5% en rythme annualisé au premier semestre.

VALEURS EN EUROPE

Le secteur bancaire européen souffre une nouvelle fois de l'effet conjugué de la récession, de la baisse des rendements obligataires et de l'encadrement de plus en plus strict du versement de dividendes par les autorités nationales et la Banque centrale européenne (BCE).

L'indice européen des banques recule de 3,13%, celui de la zone euro de 4,82%. ING perd 7,03% à Amsterdam, BNP Paribas 5,36% à Paris, Santander 4,39% à Madrid.

Le recul le plus marqué du CAC 40 est de nouveau pour Airbus, qui cède 7,7%. Le constructeur aéronautique a annoncé que la majorité de sa production en Espagne serait à l'arrêt jusqu'au 9 avril et Easyjet (-6,86%), gros client du constructeur, a immobilisé la totalité de sa flotte pour une durée indéterminée.

Dans l'industrie, le suisse ABB cède 6,14% après un avertissement sur ses résultats.

TAUX

L'incertitude dominante et la dégradation ininterrompue des prévisions de croissance et d'inflation favorisent le repli sur les emprunts d'Etat, dont les rendements reculent encore: celui du Bund allemand à dix ans cède quatre points de base à -0,525% et celui des Treasuries américains de même échéance près de huit points à 0,665%.

Les titres italiens font une nouvelle fois exception à la tendance générale, le rendement des BTP à dix ans prenant huit points à 1,413%.

CHANGES

Sur le marché des devises, le dollar regagne du terrain face à un panier de devises de référence (+0,61%), profitant du regain d'incertitude sur l'évolution de l'économie et des marchés, après une chute de plus de 4,3% la semaine dernière, due à des prises de bénéfice après un bond de plus de 8% sur les deux semaines précédentes.

L'euro cède -0,78% contre le billet vert et revient sous 1,1075 dollar.

PÉTROLE

Le nouvel accès de faiblesse du marché pétrolier face à la perspective d'une baisse de la demande mondiale plus durable qu'anticipé initialement, a fait chuter brièvement le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) sous le seuil de 20 dollars et ramené le Brent à son plus bas niveau depuis 18 ans.

Ce dernier abandonne 8,54% à 22,80 dollars le baril après un plus bas à 22,58 et le WTI recule de 5,21% à 20,39 dollars après tombé à 19,92.

(Marc Angrand)