La place de Teleperformance au sein du CAC40 est-elle menacée ?

Question posée par mon voisin de gauche au bureau ce matin. La réponse est oui, de mon point de vue. Nous tenons à jour une liste secrète des valeurs qui sont aux portes de l'indice, proches de l'entrée et de la sortie. Si la décision devait avoir lieu aujourd'hui, nous mettrions un billet sur une sortie de Teleperformance et un retour d'Alstom. Sur les trois derniers mois, le décalage de performance entre les deux dossiers atteint 35%, comme le montre le graphique qui suit :

Teleperformance

Nos pointages (méthode non certifiée) montrent qu'Alstom est proche du 34e rang du marché parisien sur la base d'une combinaison capitalisation flottante / volumes d'échange. Teleperformance a glissé au 47e rang. Mais le Conseil scientifique des indices ne se prononcera que le 12 décembre prochain. Il peut encore se passer des choses.

Teleperformance 2
Performances annuelles de Teleperformance : la fin d'une époque - Source Zonebourse

24% de sous-performance pour Forvia versus Valeo en 3 mois

Autre écart de performance notable, mais probablement sans enjeu indiciel, celui entre Valeo et Forvia. Nouvelle illustration ci-dessous, sur trois mois là encore. Nous avons deux équipementiers de taille respectable, dont les caractéristiques financières sont assez proches, en dépit de spécialités différentes. L'une des grosses différences qui pèse actuellement, c'est la forte exposition de Forvia à l'Allemagne (26% du CA), où Volkswagen, BMW et Mercedes ont averti coup sur coup que leurs performances ne seront pas à la hauteur des objectifs. 

Valeo

En outre, le marché a manifestement valorisé le maintien de l'objectif de marge de Valeo, malgré un avertissement sur le chiffre d'affaires en juillet. Les analystes pensent que le groupe pourra sortir 4,3% de marge d'EBIT cette année, et 1,5% de marge de free cash-flow. C'est maigre, mais les investisseurs ont été rassurés et le groupe peut continuer à améliorer sa situation bilancielle (S&P note Valeo BB+, perspective négative).

Forvia a averti à la fois sur ses marges et sur ses ventes fin juillet, puis une nouvelle fois fin septembre. La sanction a donc été d'autant plus forte. Le marché vise 5,2% d'EBIT en 2024 et 1,8% de marge de free cash-flow. Les investisseurs sont prudents parce que la dégradation des conditions sectorielles décale les projets de désendettement du groupe après le rachat d'Hella (S&P note Forvia BB, perspective négative).

Le parcours sur le long terme des deux dossiers, même atténué des versements de dividendes généreux, en dit long sur la traversée du désert du secteur.