Actionnariat salarié : les champions

Une lectrice nous a interrogés dernièrement sur les entreprises cotées qui ont des niveaux importants de salariés actionnaires. En voici une liste non exhaustive, sur la base des derniers rapports annuels.

Les grands groupes de BTP ont largement ouvert leur capital à leurs employés. Eiffage, par exemple, est détenu par ses salariés à hauteur de 22,7% (dont 2,7% en détention directe et le reste via le FCPE et la Sicav Eiffage 2000). Chez Bouygues, le pourcentage atteint 21,9% (et 30,8% des droits de vote… davantage que le holding familial Bouygues). Chez Vinci, Avec 10,2% du capital, les salariés-actionnaires constituent aussi un groupe majeur dans le tour de table. Côté matériaux, Saint-Gobain affiche un actionnariat salarié représentant 8,73% du capital et 15,28% des droits de vote au 31 décembre dernier.

L'actionnariat salarié est aussi largement développé chez Société Générale (9,84% du capital et 14,94% des droits de vote), Capgemini (8,4%) ou chez Orange (7,94% du capital et 12,73% des droits de vote). Arkema (7,7%), Veolia (7,5%), Spie (7,43% du capital) et TotalEnergies (7,4%) ont aussi un gros contingent de salariés actionnaires. Sopra (6,4%) et Safran (6,1%) disposent aussi d'un actionnariat salarié important. Parmi les capitalisations plus petites, citons le cas particulier de TF1 (10,6%), filiale de Bouygues (je n'ai pas eu le temps de passer en revue les mid&small, envoyez vos dossiers ! ).

Il existe un indice qui recense des sociétés françaises à actionnariat salarié conséquent, monté par la FAS (Fédération Française des Associations d'Actionnaires Salariés et d'Anciens Salariés) et Euronext. Il regroupe les sociétés du SBF120 dont les salariés-actionnaires détiennent plus de 3% du capital. Selon les travaux de la FAS dans son dernier rapport, le niveau moyen d'actionnariat salarié est de 3,6% dans le CAC40 et de 1,7% dans le SBF120 hors CAC40.

L'indice dédié n'a été réactivé que récemment... Dommage, il aurait été intéressant de comparer le parcours des entreprises à fort actionnariat salarié avec la moyenne. 

Engie, voyage au bout de l'ennui

Nos compères d'AlphaValue ont dédié leur dernier AlphaBlunt! à Engie. Cette rubrique met en lumière des entreprises en situations singulières (un peu comme une version experte de notre thématique "Fallait pas l'Inviter"). "Les comptes consolidés d’Engie ne retracent pas la faiblesse structurelle des remontées de dividendes, hors activités gazières. Le pivot vers le renouvelable n’est pas financé alors que le règlement nucléaire a appauvri le groupe", explique AlphaValue. De fait, le titre affiche un parcours déprimé depuis des années, que même les dividendes peinent à enjoliver. Et si ça va un peu mieux sur la période récente, la pérennité du coupon pose question...

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