La montée en puissance de l'extrême droite aux élections européennes et la dissolution de l'Assemblée nationale en France ont eu l'effet d'une douche froide pour les indices européens cette semaine, CAC40 en tête. Parallèlement, la Fed a laissé entendre qu'elle ne procéderait qu'à une baisse de taux cette année, malgré des chiffres encourageants sur l'inflation. Wall-Street n'a d'yeux que pour l'IA, à l'image du Nasdaq 100 et du S&P500 qui ont enchaîné les records. Cette dichotomie devrait perdurer dans les séances à venir.

Variations hebdomadaires*
CAC 40
7503  -6.23%Graphique
STOXX EUROPE 600
511.05  -2.39%
Graphique STOXX EUROPE 600
S&P 500
5431.60  +1.58%
Graphique S&P 500
NIKKEI 225
38814.56  +0.34%
Graphique NIKKEI 225
GOLD
2332.23$  +1.47%
Graphique GOLD
BRENT CRUDE OIL ...
82.53$  +3.94%
Graphique BRENT CRUDE OIL ...
EURO / US DOLLAR
1.07$  -0.67%
Graphique EURO / US DOLLAR
Tops / Flops de la semaine

Tops 

Broadcom (+21%) : le groupe américain est en passe de s'installer parmi les sociétés qui bénéficient d'une surcote liée à l'intelligence artificielle. Les derniers résultats trimestriels publiés cette semaine montrent que l'IA soutient le chiffre d'affaires. En parallèle, l'intégration de VMWare a l'air de bien se passer.

ARM Holdings (+16%) : Microsoft va s'appuyer sur la société de conception de puces taïwanaise Mediatek pour développer une puce ARM compatible avec l'IA qui fera fonctionner le système d'exploitation Windows, a rapporté Reuters. De quoi soutenir la société britannique entrée l'année dernière à Wall Street. 

Halma (+15%) : le groupe diversifié qui opère dans la sécurité, la santé et l'analyse a publié des résultats annuels plus élevés que prévu sur l'exercice clos le 31 mars. Le Britannique s'est montré confiant pour le nouvel exercice, grâce à un carnet de commandes épais et à une bonne visibilité sur les marges.

KKR (+11%) : la société d'investissement va faire son entrée dans le S&P500 à partir du 24 juin, a fait savoir le gestionnaire d'indices S&P Dow Jones. Une belle consécration pour l'entreprise qui évolue non loin de ses pics historiques et qui a atteint une capitalisation de 97 milliards de dollars. Elle sera accompagnée de CrowdStrike et GoDaddy. Robert Half, Comerica et Illumina quittent l'indice large américain. 

Oracle (+9%) : L'entreprise clôture la semaine en forte hausse grâce à la publication de ses résultats trimestriels. La demande croissante en intelligence artificielle contribue à cette performance, avec la signature de plus de 30 contrats IA, représentant plus de 12,5 milliards de dollars. Des partenariats ont également été signés avec Microsoft et Alphabet ainsi qu'une collaboration avec OpenAI pour utiliser ses infrastructures cloud pour entraîner ChatGPT.

Valmet (+9%) : la société d'ingénierie finlandaise a relevé ses prévisions annuelles au cours de la semaine. Les analystes ont salué la performance. Nordea reste à l'achat avec un objectif porté de 29 à 32 EUR. 

Apple (+9%) : Apple rebondit avec Apple Intelligence et sa collaboration avec OpenAI visant à intégrer ChatGPT à Siri. Ces annonces faites lors de la conférence WWDC ont dissipé les inquiétudes des investisseurs sur un éventuel retard dans la course à l'IA. Ce rebond a propulsé la capitalisation de la marque à la pomme, qui est aujourd'hui au coude à coude avec Microsoft.

Rentokil (+7%) : l'action a échappé au marasme européen cette semaine, après les révélations de Bloomberg sur la position bâtie par le fonds Trian de Nelson Peltz au capital. L'investisseur activiste aurait pris attache avec la société britannique spécialisée dans les services aux entreprises, pour parler stratégie. 

BE Semiconductor (+4%) : dans un secteur qui profite de l'engouement pour l'IA, BE a tiré son épingle du jeu grâce au conseil à l'achat d'un bureau d'études. Redburn Atlantic est passé de neutre à achat avec un objectif de cours de 145 EUR.

Flops

Umicore (-17%) : douche froide pour le dossier, après la révision en baisse des prévisions 2024. Le groupe subit un ralentissement consécutif à l'environnement nettement plus hostile à la mobilité électrique. 

Wise (-16%) : la fintech a été lourdement sanctionnée après la révision en baisse de ses prévisions de bénéfices 2025. Les comptes 2024, eux, sont ressortis plutôt robustes. Le nouvel exercice sera marqué par une croissance plus faible et par des marges assez nettement inférieures aux attentes de la place. 

Société Générale (-15%) : la banque française, ainsi que ses compatriotes, a été sévèrement attaquée après l'annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale française. La crainte de l'arrivée aux affaires d'un gouvernement d'extrême droite ou d'une coalition de gauche entraîne une prime de risque accrue sur le secteur financier hexagonal. 

Naturgy (-15%) : la holding Criteria n'est pas parvenue à un accord avec la société émiratie TAQA sur une éventuelle offre publique d'achat conjointe pour la société gazière espagnole. La prime spéculative retombe.

Aéroports de Paris (-14%) : comme la banque française, le secteur des infrastructures est affecté par la perspective de voir arriver aux affaires un exécutif moins favorable aux concessionnaires. Eiffage et Vinci ont aussi passé une mauvaise semaine. 

Paramount Global (-13%) : National Amusements, actionnaire de contrôle dirigé par Shari Redstone, rompt les négociations avec Skydance Media, écartant la possibilité d'une fusion entre les deux entités.

Warner Bros. Discovery (-13%) : le géant médiatique atteint son plus bas niveau depuis 15 ans, les investisseurs s'inquiètent des perspectives de croissance face à la possible perte des droits de diffusion NBA et de l'intérêt de Liberty Global pour le rachat de la participation de Warner dans la Formula E.

Rheinmetall (-10%) : le secteur de la défense est attaqué en Europe. Tous les acteurs du vieux continent sont concernés. Rheinmetall est lourdement sanctionné. Les tensions et les dissensions politiques en Europe après les élections, notamment en France, pourraient faire craindre des remous dans les budgets de défense et une évolution de la position diplomatique dans le conflit ukraino-russe.

Porsche AG, Volkswagen (-6%) : l'UE a annoncé qu'en l'absence de progrès dans les négociations avec la Chine, elle imposera des droits de douane élevés aux importations de véhicules électriques chinois à compter du 4 juillet. L'industrie automobile allemande, qui vend beaucoup de véhicules haut de gamme en Chine, craint des mesures de rétorsion. 

Graphique Matières Premières
Matières premières

Énergie : Malgré des vents contraires, les prix pétroliers rebondissent énergétiquement cette semaine, les opérateurs plaçant au premier plan les dernières données sur l'inflation américaine. Ces dernières, plus faibles que prévu, confèrent à la Fed une plus grande marge de manœuvre dans l'assouplissement de sa politique monétaire, ce qui est une excellente nouvelle pour les actifs risqués. Revenons aux vents contraires : d'une part, l'Agence internationale de l'énergie a une nouvelle fois révisé à la baisse ses prévisions de croissance de la demande mondiale en pétrole et d'autre part, les stocks hebdomadaires ont enregistré une hausse surprise de 3,7 millions de barils. Au niveau des prix, le Brent s'échange en hausse autour de 82,6 USD tandis que le WTI se négocie autour de 78 USD.

Métaux : La consolidation se poursuit au sein du compartiment des métaux industriels. Les dernières statistiques chinoises n'ont pas de quoi réveiller l'intérêt des financiers pour les métaux, expliquant la léthargie du cuivre, qui s'échange à Londres à 9794 USD (prix spot). Même sort pour le nickel, qui enregistre une quatrième semaine consécutive de baisse à 17645 USD. L'or tire en revanche son épingle du jeu grâce au combo baisse de l'inflation américaine + baisse des rendements obligataires US.

Produits agricoles : Le boisseau de maïs reprend des couleurs à Chicago, soutenu par les inquiétudes concernant la hausse des températures aux Etats-Unis. Le contrat de maïs (échéance juillet 2024) s'échange ainsi à 456 cents. Toujours à Chicago, le blé peine à renouer avec à la hausse et se stabilise autour de 613 cents (toujours échéance juillet 2024).
Graphique Matières Premières
Macroéconomie

Ambiance : Avis de gros temps à Paris. Les dernières données sur l’inflation américaine ont été favorablement accueillies par les investisseurs. Le CPI est en effet ressorti légèrement en deçà des attentes à +3.4% en rythme annuel contre +3.5% attendu. Quant à la réunion de la Fed, elle a confirmé ce que la communauté financière subodorait déjà : les membres de la Réserve fédérale anticipent une baisse de taux sur 2024 mais si la situation continue de s’améliorer sur le front de l’inflation, Jerome Powell n’exclut pas deux baisses de taux. Ces nouvelles encourageantes ont poussé les rendements obligataires à la baisse aux Etats-Unis, le 10 ans étant désormais clairement sous les 4.33% avec un objectif à 4.00%. En Europe, la situation se complique en raison des craintes sur le résultat des élections législatives françaises. Ainsi, même si les rendements obligataires ont reculé, le différentiel entre la France et l’Allemagne n’a jamais été aussi élevé depuis 2017, poussant parallèlement la bourse parisienne dont le rouge vif. Une situation à suivre avec attention.

Au Japon, la banque centrale a laissé ses taux inchangés et n'a pas réduit son programme de rachat d'actifs. La seconde partie du programme était inattendue. Les actions ont rebondi et le yen a reculé face à cette approche plus accommodante que prévu. 

Crypto : Le bitcoin n’arrive définitivement pas à retrouver le chemin haussier pour rattraper son record atteint en mars dernier. La devise numérique recule de 3,7% cette semaine, et repasse sous la barre des 67000 dollars. Et contrairement à la semaine dernière, où plus d’un milliard de dollars ont été investis dans les ETF Bitcoin Spot aux États-Unis, depuis lundi, c’est pas loin de 500 millions de dollars de sorties nettes qui ont été enregistrées. Ce qui explique en partie la baisse du cours du BTC cette semaine. De son côté, malgré des spéculations sur la potentielle commercialisation des ETF Ethereum Spot dès cet été, l’ether (ETH) recule pour la troisième semaine consécutive. Son cours chute de 5% depuis lundi, et repasse sous le seuil des 3500 dollars. Plus globalement, le marché recule cette semaine, avec une valorisation totale de l’ensemble des cryptomonnaies qui baisse de près de 5% autour des 2350 milliards de dollars.

Graphique de Cours
La Bourse de Paris se dissout
Les marchés financiers traversent une période de volatilité marquée par des dynamiques contrastées entre les régions. Dans ce contexte, les investisseurs seront à l'affût des données macroéconomiques pour affiner leurs prévisions. La semaine prochaine, nous attendons l'IPC européen, le sondage ZEW et la production industrielle américaine lundi, et bien sûr les PMI manufacturiers et des services vendredi. Côté publications, Lennar, Vinci, Ashtead Group, Raymond James, Accenture, Kroger, Factset et Carmax dévoileront leurs résultats trimestriels.
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*Les variations hebdomadaires des indices et des actions affichés sur le tableau de bord concernent la période du lundi à l'ouverture des marchés respectifs au vendredi à l'heure d'envoi de cette newsletter.
Les variations hebdomadaires des matières premières, métaux précieux et devises affichés sur le tableau de bord concernent une période sur 7 jours glissants du vendredi au vendredi jusqu'à l'envoi de cette newsletter. Ces actifs continuent de coter les weekends.