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''Le rachat d'actions n'est pas en soi créateur de valeur''
Michel Albouy, Membre du conseil scientifique de l'Autorité des marchés financiers (AMF)

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19/05/2006 | 17:32
(Easybourse.com) L'intérêt d'une opération de rachat d'actions est-il le même pour l'entreprise, ses actionnaires et ses dirigeants ?
Pour l'entreprise, l'intérêt n'est pas évident dans la mesure où cette sortie de liquidités va diminuer les possibilités d'investissement, et donc freiner éventuellement sa croissance. Par ailleurs, le rachat d'actions, en diminuant le montant des fonds propres, augmente corrélativement l'endettement de l'entreprise et peut donc permettre de gérer le levier financier de la dette (si les dirigeants estiment celui-ci insuffisant).

Pour les actionnaires, il s'agit d'une opération qui est l'inverse de celle de l'augmentation de capital en numéraire. Au lieu d'apporter de l'argent, les actionnaires en reçoivent. La question est alors de savoir si le rachat d'actions est susceptible de créer de la valeur pour les actionnaires. La réponse n'est pas évidente. Croire que l'augmentation du bénéfice net par action (BNAP) du fait de la réduction du nombre d'actions va conduire à la hausse de la valeur du titre est un raisonnement un peu court… A priori, comme pour les augmentations de capital, l'opération de rachat n'est pas, en soi, créatrice de valeur. Comme le disaient Modigliani et Miller (Prix Nobel), la véritable création de richesse se trouve dans les opérations d'investissement et non pas de financement ou de distribution.

Pour les dirigeants, notamment de firmes managériales (c'est-à-dire dirigées par des managers professionnels et non les propriétaires), racheter des actions leur permet de démontrer leur volonté de ne pas gaspiller l'argent des actionnaires dans des projets d'investissement non rentables. Ce qui est le cas des entreprises ayant une trésorerie importante disponible (free cash flow).

Quel est l'impact boursier des opérations de rachats d'actions ?
Dans une étude empirique publiée dans « L'Expansion Management Review » (n° 103, décembre 2001), je montre, à partir d'un échantillon d'entreprises cotées à Paris ayant procédé à des rachats d'actions au cours du 1er semestre 2001, que ces opérations n'ont pas créé de valeur pour les actionnaires, en tout les cas pas davantage que celles qui n'ont pas racheté leurs propres actions. Les résultats invalident également l'idée que plus le rachat est massif et plus l'évolution du cours de bourse serait favorable du fait de la création d'un courant acheteur.

Le principal rôle des marchés financiers est d'assurer la liquidité des titres, de mettre un prix sur leur valeur et d'orienter l'allocation des ressources entre les entreprises, et ce pas uniquement au niveau national. Le rachat d'actions, en restituant du cash aux actionnaires des entreprises ayant trop de liquidités, favorise cette allocation (ou réallocation) de ressources. De ce point de vue, la pratique du rachat d'actions ne porte pas atteinte au rôle des marchés financiers, bien au contraire.

Pour certains observateurs, le rôle des marchés étant surtout d'apporter des fonds aux entreprises, la pratique du rachat d'actions est contraire à leur mission. C'est ce que font remarquer tous ceux qui calculent le solde entre les émissions d'actions nouvelles et les rachats opérés sur un marché. Dans la mesure où sur certaines années ce solde est négatif, la bourse ne remplirait pas son rôle. Tel n'est pas mon avis. De plus, il faut examiner ce solde, non pas uniquement sur un marché, mais sur l'ensemble des places compte tenu des réallocations géographiques et sur des périodes plus longues qu'une année. Il faudrait aussi tenir compte du développement du capital investissement qui est une autre source de financement des entreprises. Ce dernier peut être alimenté par des liquidités en provenance de rachats d'actions de sociétés cotées.

Quel est l'impact d'un rachat d'actions en termes d'image de marque de la société et auprès des investisseurs ?
J'ai le sentiment que pour le grand public cette pratique n'est pas très bien vue dans la mesure où elle est assimilée à un prélèvement anormal sur l'entreprise au profit des actionnaires qui eux non plus ne sont pas toujours bien vus ou bien compris par les Français. Pour les investisseurs avertis, je ne crois pas que cela ait vraiment un impact sur l'image d'une société. Les interprétations peuvent fortement diverger. L'impact peut être négatif, le rachat étant assimilé au fait que l'entreprise ne sait  pas comment gérer son trésor de guerre. Ou bien, a contrario, l'impact peut être positif, le rachat signifiant alors que l'entreprise gère au mieux sa trésorerie disponible au profit de ses actionnaires en évitant de l'investir dans des affaires non rentables… Encore une fois, l'important pour un investisseur à long terme se trouve dans les projets d'investissement et leur couple rentabilité-risque. Les quatre facteurs clés de la création de valeur étant la rentabilité, la croissance, l'équilibre financier et la maîtrise des risques.

Croyez-vous que les entreprises vont durablement recourir à cette pratique ?
Au-delà de l'effet de mode actuel, cette pratique devrait rentrer dans les mœurs et les pratiques financières des entreprises cotées. Cela pour diverses raisons : stabilisation ou gestion du cours de bourse, création d'une monnaie d'échange pour l'acquisition de sociétés, attribution d'actions aux employés dans le cadre de l'actionnariat salarié, etc. Quant à savoir si les volumes des rachats vont augmenter ou baisser dans les prochaines années… Tout dépendra des besoins en capitaux des entreprises pour leurs investissements. Encore faut-il que les entreprises aient des projets rentables à réaliser…

- 19 Mai 2006 - Copyright © 2006 www.easybourse.com


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