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Les Etats-Unis vivent le plus long "shutdown" de leur histoire

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12/01/2019 | 17:46

par David Brunnstrom et David Morgan

WASHINGTON, 12 janvier (Reuters) - Le blocage partiel de l'administration américaine est entré dans son 22e jour samedi, ce qui en fait le plus long de l'histoire des Etats-Unis, alors qu'aucune solution ne semble se dessiner dans le bras de fer que Donald Trump a engagé avec le Congrès à propos du financement de son mur à la frontière du Mexique.

Le précédent record était de 21 jours et datait de 1995 lors du premier mandat du président démocrate Bill Clinton confronté à l'opposition du président républicain de la Chambre des représentants, Newt Gingrich.

Donald Trump, qui a joué pendant plusieurs jours avec l'idée d'un recours à l'état d'urgence pour obtenir les fonds nécessaires à la construction d'une barrière en métal à la frontière sud des Etats-Unis, a annoncé vendredi qu'il renonçait pour l'instant à cette option.

Les négociations entre le président américain et les démocrates, désormais majoritaires à la Chambre des représentants, sont suspendues pendant le weekend et ne reprendront, au plus tôt, que lundi.

"Les démocrates doivent revenir à Washington et travailler à mettre fin au "shutdown" tout en faisant cesser l'horrible crise humanitaire à notre frontière Sud. Je suis à la Maison blanche et je vous attends", a écrit Trump sur son compte Twitter samedi.

S'adressant à ses 57,2 millions d'abonnés sur le réseau social, le président américain leur a demandé de prendre contact avec les élus démocrates pour leur demander de lui donner satisfaction.

Face aux appels répétés de Donald Trump, les démocrates opposent un refus intransigeant, estimant que le mur promis par le président américain à ses électeurs lors de la campagne de 2016 est obsolète et inefficace pour régler un problème migratoire complexe.

Les représentants démocrates ont voté plusieurs propositions de loi vendredi visant à rétablir le financement du département de l'Intérieur et de l'Agence de protection de l'environnement, deux des entités fédérales touchées par le "shutdown".

ÉVENTUELS RECOURS

Ces textes n'ont pas été étudiés par le Sénat à majorité républicaine.

Environ un quart des agences fédérales se trouvent en situation de blocage budgétaire, Donald Trump ayant décidé le 22 décembre de ne pas ratifier les crédits qui leur ont été alloués tant qu'il n'aura pas obtenu 5,7 milliards de dollars pour financer la construction de son mur.

Concrètement, cela signifie que 800.000 fonctionnaires se trouvent soit au chômage technique, soit sous astreinte sans percevoir leurs salaires qui auraient dû être versés vendredi.

Certains fonctionnaires ont commencé à vendre certains de leurs biens et d'autres ont lancé sur internet des appels à des dons afin d'être en mesure de payer leurs factures.

L'aéroport international de Miami a prévu de fermer lundi l'un de ses terminaux pour une durée de plusieurs jours, se trouvant dans l'incapacité d'assurer les opérations de contrôle des voyageurs par manque de personnel. Les arrêts de travail pour raison médicale ont été multipliés par deux.

Un syndicat représentants plusieurs milliers de contrôleurs aériens ont engagé des poursuites contre l'administration de l'aviation civile vendredi, arguant d'une infraction à la loi fédérale sur le versement des salaires.

Le patron du Secret Service, agence en charge de la sécurité du président des Etats-Unis, a prévenu que cette situation financière était de nature à accroître la tension et l'anxiété parmi ses agents.

Donald Trump, qui a lié son sort à celui de la construction d'une barrière à la frontière mexicaine, justifie son entêtement par une "crise humanitaire et sécuritaire".

Ne parvenant pas à faire plier les parlementaires démocrates, il a répété à plusieurs reprises qu'il "avait absolument le droit" de décréter l'urgence nationale pour dégager des fonds en faveur de cet édifice.

Grâce à cette option, il pourrait réaffecter certains crédits fédéraux et ainsi satisfaire sa base électorale. Une telle initiative serait certainement suivie de recours constitutionnels et judiciaires de nature à retarder l'exécution des travaux.

(Pierre Sérisier pour le service français)

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