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Les banques italiennes en berne face à l'arrivée au pouvoir des populistes

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17/05/2018 | 18:41

Milan (awp/afp) - La probable arrivée d'un gouvernement populiste en Italie a rendu fébriles les valeurs bancaires jeudi à la Bourse de Milan, en particulier la BMPS, contrôlée par l'Etat et dont la Ligue et le M5S envisagent de "redéfinir la mission".

Les banques italiennes ont été dans la tourmente ces deux dernières années, suscitant une vive inquiétude sur les marchés financiers, mais la situation s'était apaisée depuis plusieurs mois, grâce à la série de mesures qu'elles ont prises pour se renforcer.

Mais la possible formation d'un gouvernement réunissant le Mouvement 5 étoiles (antisystème) et la Ligue (extrême droite) suscite des craintes sur le plan économique, la question de la dette et sur le front des banques.

La Monte dei Paschi di Siena (BMPS), qui a bénéficié l'an passé d'un sauvetage public et est détenue désormais à 68,2% par le ministère des Finances, concentre l'attention.

Concernant la BMPS, "l'Etat actionnaire doit procéder à la redéfinition de la mission et des objectifs de l'institut de crédit dans une optique de service", peut-on lire, sans aucune autre précision, dans l'ébauche de contrat de gouvernement.

D'après un analyste cité par l'agence d'informations économiques Radiocor, les quatre piliers du plan de restructuration de la BMPS (focus sur la banque commerciale, modèle opérationnel revu avec une attention portée à l'efficacité, nette amélioration de la gestion du risque du crédit et renforcement du capital) pourraient ne plus bénéficier du soutien de l'éventuel nouveau gouvernement.

En réaction, le titre a fini en recul de 8,86%, après avoir perdu un temps plus de 10%.

Dans sa foulée, Ubi Banca a perdu 2,7%, UniCredit 1,86%, Banco BPM 1,13%, Mediobanca 0,86% et Intesa Sanpaolo 0,79%.

- 'Responsabiliser' -

Selon leur ébauche de contrat, la Ligue et le M5S estiment nécessaire de "responsabiliser davantage tant le management que les autorités de contrôle" des banques, y compris en appliquant des peines pour faillites criminelles.

Les deux partis, qui sont hostiles aux "bail-in" (mise à contribution des épargnants en cas de difficulté d'une banque), comme cela a été le cas pour plusieurs banques italiennes, demandent à ce que ces derniers soient compensés.

"On n'est pas dans un mouvement de panique. Mais ce qui n'est pas bon pour le pays n'est pas bon pour les banques", a déclaré à l'AFP Nicolas Veron, analyste au Bruegel Institute de Bruxelles, en jugeant la réaction des marchés "très mesuré par rapport à l'ébauche de programme et les déclarations".

Les banques étaient en berne alors que le spread -- l'écart très regardé en Italie entre les taux d'emprunt italien et allemand à dix ans -- se tendait de deux points, pour atteindre 153 points, après avoir déjà grimpé de 20 la veille.

Selon M. Veron, "il n'est pas étonnant qu'il y ait une porosité entre les mouvements sur les titres souverains et les actions bancaires".

Les banques italiennes détiennent plus de 20% de la dette italienne, rappelle en effet Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.

Concernant les banques italiennes elles-mêmes, elles "vont beaucoup mieux, il y a eu une normalisation évidente de la situation ces deux dernières années, avec le traitement de plusieurs banques en difficulté - comme la BMPS" - mais aussi la mise en oeuvre de "nombreuses actions comme nettoyer les portefeuilles de prêts non performants ou se séparer d'activités non viables", a souligné M. Veron.

Les résultats portent leurs fruits: UniCredit vient ainsi de réaliser son meilleur premier trimestre depuis 2007, avec un bond de 22,6% de son bénéfice net.

La BMPS a elle-même renoué avec les bénéfices au premier trimestre tandis qu'Intesa Sanpaolo a vu le sien grimper de 39%.

"La restructuration n'est pas terminée", en raison notamment du stock encore important de créances douteuses, a cependant noté M. Veron.

Mais "le secteur bancaire n'est plus en soi un problème". En revanche, "si le gouvernement prend de mauvaises décisions sur la trajectoire budgétaire, la gestion de la dette, les réformes structurelles, ce ne sera évidemment pas une bonne nouvelle", ni pour les banques ni pour les autres secteurs de l'économie, a-t-il ajouté.

afp/rp

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