Malgré un certain ralentissement de l'activité au niveau mondial, Samy Chaar, chef économiste chez Lombard Odier, ne prévoit pas de repli majeur sur un horizon de douze mois. Les principales économies devraient continuer de progresser sur un rythme supérieur au potentiel à long terme dans les principaux blocs économiques, sans incident majeur. En d'autres termes, la société de gestion ne table pas sur une récession aux Etats-Unis, ni sur un atterrissage brutal en Chine et ou encore un démantèlement de la zone euro. Il reste cependant quelques ombres au tableau.

La hausse des taux d'intérêts américain n'est pas toujours facile à digérer pour les marchés, comme nous l'avons constaté en 2018, même s'il s'agit en réalité d'une conséquence tout à fait prévisible pour une économie en plein essor, qui affiche une croissance supérieure à son potentiel et qui réduit son écart de production.

Cette source de volatilité devrait perdurer en 2019, sachant que le resserrement monétaire se poursuit aux Etats-Unis et se prépare ailleurs dans le monde, notamment dans la zone euro.

D'autre part, les tensions commerciales, susceptibles de nuire aux marchés et à la confiance des milieux d'affaires, pourraient aussi faire leur grand retour, à moins que les Etats-Unis et la Chine ne parviennent à un compromis. Et le risque politique ne va probablement pas disparaître des radars.

Quoi qu'il en soit, on retiendra de 2018 que la réalité économique et financière sous-jacente est souvent bien meilleure que ce que laissent entendre les titres de presse.

La Chine continuera probablement de pâtir des tensions commerciales, mais les mesures de relance budgétaire et de politique monétaire, ainsi que la dépréciation de sa devise devraient offrir une certaine stabilité au niveau macroéconomique, aussi bien à l'intérieur du pays que dans l'ensemble des marchés émergents.

L'une des prévisions majeures de Lombard Odier pour 2019 est le ralentissement du rythme de croissance de l'économie américaine par rapport à celui de la zone euro.

Les effets des mesures de relance budgétaire devraient s'atténuer aux Etats-Unis tandis que des freins à la croissance des économies européennes devraient se desserrer.

Par conséquent, les niveaux de croissance économique des deux côtés de l'Atlantique devraient ainsi commencer à converger d'ici la fin de l'année prochaine.