par Michelle Nichols

NATIONS UNIES, 6 juin (Reuters) - La Russie et la Chine ont exprimé leur inquiétude jeudi à l'égard d'un projet de résolution américain proposé au Conseil de sécurité des Nations unis, qui soutiendrait l'offre de cessez-le-feu dans la bande de Gaza dévoilée la semaine dernière par le président américain Joe Biden.

L'Algérie, également membre du Conseil de sécurité, a indiqué ne pas être prête à soutenir le texte, ont déclaré des diplomates.

Pour être adopté, un projet de résolution doit recueillir au moins neuf votes favorables et ne pas faire l'objet d'un veto de la part des membres permanents du Conseil - Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie et Chine.

Joe Biden a présenté vendredi dernier une proposition de cessez-le-feu dans la bande de Gaza, qu'il a décrite comme étant une initiative israélienne.

Les Etats-Unis cherchent à s'assurer du soutien de la communauté internationale à ce texte, que le Hamas étudie encore.

Le projet de résolution actuel se félicite de la proposition de cessez-le-feu, qu'il décrit comme "acceptable" pour Israël, "appelle le Hamas à l'accepter également et exhorte les deux parties à la mettre en oeuvre sans délai et sans condition".

Certains membres du Conseil de sécurité se demandent toutefois si Israël a réellement accepté le plan, et souhaitent que le Conseil s'en tienne à une résolution présentée au mois de mars appelant à un cessez-le-feu immédiat et à la libération de tous les otages sans condition, ont déclaré des diplomates.

La Russie a proposé des amendements au texte américain, que Reuters a pu consulter, qui prévoient de demander au Hamas et à Israël d'accepter la proposition et exigent un cessez-le-feu immédiat, permanent et sans condition, respecté par tous.

Les pourparlers de paix, à la suite de la riposte d'Israël à l'attaque du 7 octobre du Hamas, achoppent depuis des mois malgré la médiation de l'Egypte et du Qatar avec le soutien des Etats-Unis.

D'après les autorités israéliennes, 1.200 personnes ont été tuées et plus de 250 autres enlevées par le Hamas lors de l'attaque d'octobre.

Plus de 36.000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis le début du siège total de l'enclave palestinienne, selon les autorités sanitaires locales, tandis que les Nations unies ont indiqué que la famine menaçait plus d'un million de personnes. (Michelle Nichols; version française Camille Raynaud)