(Cercle Finance) - Le marché parisien termine dans les pires conditions (-2,63%) la pire semaine observée depuis le 20 juillet dernier.
La performance hebdomadaire ressort négative de -4,1%, aucune des valeurs du CAC n'a terminé dans le vert... et pas davantage sur la semaine, sauf Dexia qui engrange à contre courant du compartiment bancaire un gain de +1,75%.
Les volumes ont été étoffés puisqu'il s'est échangé 9MdsE (chiffre arrondi) sur le 'SRD', les dégagements les plus appuyés pesant sur Sté Générale (-4%) puis BNP-Paribas (-3,4%) et une nouvelle fois Suez (-3% avec une perte hebdomadaire de -9,15% (strictement équivalente à celle de Gaz de France).
Les 'grands perdants' de la semaine sont les titres du secteur automobile avec -11% pour Peugeot puis -8,6% sur Renault... mais les matériaux de construction n'ont pas été épargnés puisque Saint Gobain (-4,5% ce vendredi) chute globalement de -9,15%, avec Schneider dans son sillage (-4,73%) puis Lafarge (-5,7%).

Le marché parisien qui culminait sous les 5.685Pts vendredi dernier (puis sous 5.680Pts lundi) vient donc de reperdre -250Pts d'une seule traite.
Le début de la semaine avait été gâché par le repli de -5% de Suez et Gaz de France lundi, sans quoi, les 5.700Pts auraient pu être débordés.

Les autres places européennes s'en tirent à peine mieux avec une chute de -2,2% de l'Euro-Stoxx50 (dans le sillage de Francfort et Paris) et une perte globale de -3% depuis lundi.
A Wall Street, le Dow Jones et le 'S&P-500' chutent de -1,5% à la mi-séance, le Nasdaq affiche -2%: la peur de l'avenir refait brusquement son apparition sur le 'floor' et la flambée du Yen implique une contraction des liquidités à la disposition des opérateurs.

Après avoir rejeté l'hypothèse d'un impact négatif de la crise de l'immobilier sur la croissance aux Etats Unis, les opérateurs changent soudain d'avis en découvrant que leur économie a détruit 4.000 emplois au mois d'août au lieu d'en créer entre +100.000 et +110.000 (dans ces conditions, le maintien du taux de chômage à 4,6% apparaît surréaliste).

Les marchés s'étaient laissé bercer d'illusions par les précédents chiffres de l'emploi de juin et juillet: eux aussi ont été révisés à la baisse de respectivement -57.000 et -11.000 (soit une différence proche de -70.000 sur 2 mois, ce qui en terme de pourcentage est énorme et fait voler en éclat la perception d'une relative vitalité du marché du travail aux Etats Unis).
Avec de lourds licenciements dans le secteur de la construction, des biens manufacturés, du marché du crédit... puis les départs en retraite dans l'administration, ce sont au total pas loin 100.000 emplois qui ont disparu (38.000 seulement ont été créés dans le secteur privé, les suppressions de poste ont bondi globalement de +85%).

L'hyspothèse d'une réduction du taux directeur de la FED le 18 septembre devient quasiment une certitude et certains opérateurs s'interrogent déjà sur l'ampleur du mouvement: 25 ou 50Pts de base en moins ?

Les cambistes balancent entre les deux hypothèses et vendent agressivement du Dollar, lequel rechute de -1,2% sur la semaine et enfonce les 1,3785/E et plonge de -2% sous les 113,30Yen, ce qui traduit une brutale inversion des 'carry-trade' (la devise japonaise fait un bond de +2,3% cette semaine face au Dollar... ce qui trahit aussi une vive crainte de récession aux Etats Unis, même si la FED inonde le système de liquidités: l'inflation pourrait se profiler au bout du chemin).

A Paris, le secteur des valeurs bancaires et financières au sens large ne bénéficient nullement des perspectives d'assouplissement du loyer de l'argent par la FED: la Sté Générale chutait a un moment de près de -5% sur des rumeurs (non démentises) d'avertissement sur son 3ème trimestre (avec un fort ralentissement anticipé de l'activité dans le secteur des 'dérivés'), Unibail plongeait de -6%, BNP-Paribas et Crédit Agricole de -3,4% et -3%, Dexia de -2,85%.

France Télécom (-0,45%) est le titre ayant le mieux résisté ce vendredi mais également sur la semaine, Sanofi-Aventis (-0,65%) a bénéficié d'achats défensifs tout au long de la séance, mais les ventes indicielles ont eu raison du ramassage.

Enfin hors CAC40, Etam s'est effondré de -21% sur un 'profit warning' qui fut d'autant plus dévastateur que les acheteurs -dans l'ambiance actuelle- se mettaient aux abonnés absents.

Ph Béchade



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