L’inflation "devrait perdurer", car elle "n’a pas qu’une composante cyclique". C’est ce qu’a déclaré Thomas Friedberger, Directeur général adjoint et co-directeur des investissements de Tikehau Capital, lors d’un déjeuner de presse organisé le 21 novembre 2023 à Paris. Du fait de la "composante structurelle" de l’inflation, à savoir la démographie, le mix énergétique et la démondialisation, "on ne reviendra jamais, ou en tous cas pas dans un avenir proche à des taux négatifs".

La contraction de la population mondiale en âge de travailler, accélère assez fortement avec le vieillissement de la population chinoise. Alors que l'entrée de la Chine dans l'OMC, avec une devise sous-évaluée, a "exporté de la désinflation", le pays s'oriente vers le développement de son marché intérieur avec une monnaie appelée à rester forte.

Le rapatriement des capacités de production dans des pays à coût du travail élevé est également inflationniste, alors que la mondialisation avait permis d'optimiser beaucoup de choses. Côté mix énergétique, c'est la fin de l'accès des Européens au gaz russe et l'orientation du gaz de schiste américain vers l'exportation qui devait également faire monter les prix durant plusieurs décennies.

C'est selon Tikehau cette inflation structurelle qui devrait empêcher les banques centrales de revenir à une politique "ultra-accommodante", autrement que ponctuellement. "On a probablement atteint le pic des taux directeurs des banques centrales dans les pays développés, mais les anticipations d'une baisse rapide sont beaucoup moins crédibles", conclut le gérant.