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Un panorama du marché des ETF

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29/10/2019 | 10:20

Il y a une grosse part de fantasme sur le marché des ETF, en particulier au niveau des montants en jeu sur les marchés financiers. Dans les lignes qui suivent, Zonebourse propose une cartographie des forces et des mécanismes à l'œuvre. Si la gestion passive n'est pas aussi envahissante que la légende urbaine le laisse penser, elle grignote petit à petit des parts de marché sur la gestion traditionnelle et pèse lourd dans les échanges.

Les ETF font partie de la catégorie des fonds indiciels. Début 2019, leurs encours atteignaient 4 700 milliards de dollars, pour 6721 produits recensés. Notre premier graphique montre la progression de l'encours des ETF depuis leur émergence dans les années 90 (JP Morgan avec Morningstar / Investment Company Institute / Strategic Insight SimFund).

Dans cette enveloppe de 4 700 Mds$, on retrouve plusieurs types d'ETF. Majoritairement des ETF Actions, mais aussi des ETF Obligataires et, dans une moindre proportion, des ETF sur matières premières, mixtes, monétaires, voire immobiliers. Le second graphique montre l'évolution de la répartition entre ETF (Source Banque des Règlements Internationaux avec Lipper), jusqu'à la mi-2017.

Intéressons-nous plus précisément aux ETF Actions. Dans une étude réalisée par BlackRock - le plus gros gérant indiciel de la planète - publiée dans La Revue de Stabilité Financière de la Banque de France en avril 2018, Laurence Fink et Barbara Novick estiment que "l'univers investissable" pour les Actions avoisinait 68 000 milliards de dollars de capitalisation à la fin de l'année 2016. Sur ce total, les ETF Actions pesaient 2 700 Mds$, soit 4% de l'ensemble. C'est ce qui est illustré dans le graphique numéro 3, en noir (les fonds indiciels, ETF inclus, représentant eux-mêmes 17,4% de l'univers investissable) :

 

Une répartition globale très inégale

Sur l'enveloppe globale des ETF quel que soit leur type (soit 4 700 Mds$ si vous avez suivi) près des trois-quarts (72%) sont distribués aux Etats-Unis. L'Europe ne représente que 16% du marché, soit une enveloppe de 750 Mds$ environ. L'Asie est à 9% et le reste du monde à 3% (Graphique 4, Source Investment Company Institute).

 

Sur 750 Mds$ en Europe, 70,6% des encours sont positionnés sur des ETF Actions, 22,2% sur l'Obligataire et 5,9% sur les Matières Premières. Dans la zone euro, les Allemands sont les champions avec plus de 100 Mds$ détenus en ETF, dont la moitié par des particuliers. La France est 3e, mais avec une majorité de détention via des fonds d'investissement et assez peu par des particuliers. L'Italie est le 4e marché avec une majorité pour les particuliers (Graphique 5 source BCE Securities Holdings). Le Royaume-Uni ne figure pas dans le tableau qui suit, mais il est le 1er marché européen, et de loin. 

La taille des ETF de la zone euro ne cesse de croître. Le graphique qui suit illustre cette tendance. Il montre aussi le développement des ETF synthétiques par rapport aux ETF physiques. La part de marché des ETF dans les fonds d'investissement prend aussi la pente ascendante. Elle dépasse désormais 7% (graphique 6, BCE avec Lipper).

Toutefois, les ETF ne sont pas dominants sur le marché, même s'ils continuent à prendre du poids alors que la gestion active souffre. Barclays a dressé récemment une cartographie des marchés Actions en Europe et aux Etats-Unis par type de détenteur. Il apparaît que la gestion active pèse 30% en Europe et 23% aux Etats-Unis, tandis que les ETF s'inscrivent respectivement à 4 et 6%. (Graphiques 7a et 7b source Barclays). Le graphique 7b montre malgré tout que les ETF, peu influents il y a 20 ans, montent en puissance.

 

Une gestion moins passive qu'on ne le croit

Il existe toutefois une différence fondamentale entre les niveaux de détention, somme toute modestes, et les mouvements sur le marché. En effet, contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la gestion passive est loin de l'être lors des séances boursières. Il lui faut en effet en permanence s'ajuster pour répliquer l'évolution des indices. Elle est donc à l'origine d'une partie des mouvements quotidiens.

Les travaux récents (Ben-David et al. 2017) estiment que les ETF sont à l'origine de 30% des volumes d'échanges sur les marchés boursiers aux Etats-Unis, avec des poussées jusqu'à 40% lors de certains événements majeurs. Des travaux antérieurs estimaient leur part à 18% en 2011. Le graphique 8 est tiré des travaux d'Itzhak Ben-David, relayés par l'European Systemic Risk Board. Ce poids dans les échanges explique en partie les craintes que suscitent parfois les ETF pour le risque systémique qu'ils représentent

Les intermédiaires du marché

Le marché des ETF est dominé par les trois géants du secteur que sont iShares (BlackRock), Vanguard et State Street (graphique 9a, source Morningstar). Sur le seul marché américain, le trio contrôle plus de 80% du marché (graphique 9b) : c'est dire leur influence sur les séances boursières, si l'on croise cette information avec le graphique qui précède. En Europe, iShares est largement dominant avec plus de 45% du marché fin 2018 (données Lipper), loin devant Xtrackers (11%) et Lyxor (Société Générale) avec 9,6%. 

 

Pour conclure :

  • Les ETF ne "détiennent" que 6% du marché actions aux Etats-Unis et 4% en Europe…
  • … mais ils représentent autour de 30% des volumes quotidiens aux Etats-Unis.
  • Les ETF continuent à gagner des parts de marché.
  • Le "Big 3" pèse plus de 80% du marché américain des ETF et plus de 55% du marché mondial.
  • En Europe, le Royaume-Uni est le principal marché pour les ETF, devant l'Allemagne, le Luxembourg et la France.

Pour en savoir plus sur les ETF en un clin d'oeil, consultez notre vidéo Zonebourse :


Anthony Bondain
© Zonebourse.com 2019
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