New York (awp/afp) - Wall Street remontait dans les premiers échanges après une ouverture en baisse jeudi, indécise sur la dynamique à suivre au lendemain d'une réunion monétaire de la banque centrale américaine (Fed) diversement interprétée,

Vers 14H30 GMT, l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average, prenait 0,25%, à 25.809,46 points.

L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, gagnait 0,50%, à 7.767,68 points et l'indice élargi S&P 500 0,32%, à 2.833,18 points.

La place new-yorkaise avait clôturé en ordre dispersé mercredi, déjà partagée entre la satisfaction de voir un coup d'arrêt aux hausses de taux de la banque centrale américaine cette année, mais crispée par le ralentissement économique qui s'est reflété dans la prudence de l'institution à l'issue de sa réunion: le Dow Jones avait perdu 0,55% et le Nasdaq avait pris 0,07%.

La Fed table désormais sur une croissance économique de 2,1% pour 2019 contre 2,3% estimée en décembre. L'inflation devrait, elle, atteindre 1,8% contre une projection de 1,9% précédemment.

La baisse de ces perspectives a eu pour effet de faire nettement reculer les rendements sur le marché obligataire mercredi, le mouvement se poursuivant jeudi: le taux d'intérêt sur la dette à 10 ans évoluait à 2,522%, contre 2,526% mercredi soir, au plus bas depuis janvier 2018.

Celui sur la dette à 30 ans s'affichait à 2,961% contre 2,971% la veille.

"La chute du marché obligataire est inquiétante car elle reflète l'idée que la Fed a raison de maintenir ses taux bas car les perspectives de croissance et d'inflation vont décevoir", a analysé Patrick O'Hare de Briefing.

Les taux à long terme sur le marché obligataire évoluent de pair avec les perspectives économiques aux Etats-Unis.

"Le comportement du marché obligataire force le marché à considérer qu'il a trop avancé ces derniers temps", a ajouté M. O'Hare. Rassurés par l'émergence d'une doctrine dite de "patience" sur les taux de l'institution dirigée par Jerome Powell, les indices ont en effet bondi depuis le début de l'année.

Erreur

Or certains se demandent aujourd'hui si le ver n'était pas déjà dans le fruit depuis plusieurs mois, avant la pause de la Fed, et si l'institution n'a pas commis une erreur en remontant ses taux quatre fois en 2018.

"S'ils avaient écouté les banquiers centraux étrangers les suppliant d'arrêter les hausses de taux, ils n'auraient peut-être pas ralenti l'économie mondiale autant qu'ils l'ont fait", a jugé Chis Low de FTN Financial.

"S'ils n'avaient pas augmenté les taux en décembre, lorsque les marchés signalaient qu'il fallait faire une pause, on ne serait peut-être pas en train de voir une situation critique aujourd'hui" pour la croissance, ajoute l'expert.

Parmi les valeurs du jour, les jeans Levi's devaient faire leur grand retour en Bourse ce jeudi, sous le symbole "LEVI", 34 ans après avoir claqué la porte de Wall Street. Ce deuxième baptême boursier devrait se dérouler en fanfare, le groupe ayant réussi à séduire les investisseurs lors des préparatifs.

Pour l'occasion, les courtiers qui officient sur le New York Stock Exchange ont été exceptionnellement autorisés à s'habiller en pantalon et veste en jean, un style proscrit habituellement par le règlement intérieur du NYSE.

Le constructeur automobile Ford a annoncé jeudi le départ à la retraite de son directeur financier, qui sera remplacé par un ancien dirigeant de Snap, maison mère de la plateforme de messagerie Snapchat, et un jeu de chaises musicales en Europe. Le titre gagnait 0,47%.

Le groupe pharmaceutique américain Biogen s'effondrait de plus de 27% après avoir annoncé l'arrêt du développement d'un traitement contre la maladie d'Alzheimer, dont les tests étaient en phase 3, celle précédant la commercialisation d'un médicament.

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