L'IA met-elle en péril le gagne-pain du leader mondial des logiciels de création multimédias ? Si tel est le cas, ceci ne se reflète pas vraiment dans son chiffre d'affaires, qui progresse encore de 12% par rapport à l'an dernier à la même époque.

Sur le premier semestre, le profit d'exploitation progresse lui de 9%, tandis qu'une note fiscale plus salée qu'en 2025 ne fait progresser le résultat net que de 3%. Mais le bénéfice par action, lui, augmente de 9%, propulsé par une impressionnante réduction du nombre de titres en circulation qui, sur une base diluée, diminue de 433 à 407 millions en douze mois.

Adobe a quintuplé son chiffre d'affaires et sextuplé son profit d'exploitation sur la dernière décennie. Son nombre de titres en circulation a parallèlement diminué d'un cinquième sur le cycle, avec une nette accélération récemment, et des rachats de titres beaucoup plus accrétifs depuis la chute du cours.

Le groupe et son bilan forteresse - sans dette nette - s'échange désormais en bourse à - ou très proche de - un multiple à un chiffre de son profit, pour une activité qui maintient une rentabilité des capitaux propres proprement stratosphérique, obtenue sans recours à l'effet de levier, et qui affiche, on l'a vu, un historique de croissance impressionnant.

Il y a certes quantité de signaux défavorables qui pourraient tempérer l'enthousiasme d'investisseurs contrariens qui sentiraient le bon coup trop facile, à commencer par exemple par les départs précipités du directeur général et du directeur financier, ainsi que l'absence totale d'achats de titres au marché de la part de l'équipe de direction.

Par ailleurs, la politique commerciale hyper agressive d’Adobe continue d’alimenter une vive hostilité d'une partie de sa clientèle, autrefois captive, mais ayant désormais accès à une foule de solutions assistées par l'IA moins chères et souvent plus intuitives.