Genève (awp) - En dépit de sa perte, Aevis Victoria s'estime bien positionnée pour la suite, continuant de déployer ses réseaux de soins intégrés en Suisse. La guerre au Moyen-Orient devrait toutefois aveoir des conséquences sur son segment hôtellier, difficiles à chiffrer à ce stade.

AWP: La perte nette s'est aggravée passant 8,3 à 25,6 millions de francs suisses, comment expliquez-vous cette évolution?

Michel Keusch, directeur financier (CFO): En tant que société de participations, nous avions profité en 2024 de la vente d'une de nos participations. Il n'en a pas été de même en 2025. Par ailleurs, lorsque nous investissons comme nous l'avons fait ces dernières années, le bénéfice peut s'en trouver temporairement déprimé.

Mais cela n'a aucune incidence sur la valeur de l'entreprise, représentée par la valeur nette d'inventaire (NAV), soit la somme de la valeur de toutes nos participations, qui, elle, a progressé, passant de 24,25 à 26,15 francs suisses par action.

AWP: Comment calculez-vous ces valeurs?

M. K. : Chaque segment a sa méthodologie. Pour l'immobilier (Infracore et Swiss Hotel Properties), il s'agit de la valeur vénale des actifs immobiliers. Dans l'hôtellerie (MRH), nous faisons une estimation des profits passés et à venir. Pour Swiss Medical Network (SMN), nous nous basons sur le prix que les partenaires ont été prêts à payer pour entrer au capital.

Antoine Hubert, fondateur et président exécutif: c'est aussi pour cette raison que nous publions séparément pour chacun de nos segments d'activité.

AWP: Il y a un an, vous mettiez l'emphase sur la recherche de nouveaux partenaires pour Swiss Medical Network. Pourtant, votre participation est identique à ce jour (76,3%), est-ce plus difficile que prévu?

A. H. : Le processus d'analyse stratégique n'as pas encore commencé, nous avons à ce stade mandaté des banques pour le faire. C'est assez long, et nécessitait de boucler les comptes 2025, sur la base desquels nous préparerons la documentation. Nous avons d'ores et déjà identifié plusieurs partenaires potentiels susceptibles d'investir dans la société ou d'y apporter des éléments concrets - pharmacies, centres de soins, assurances, centres spécialisés en urologie ou oncologie.

Nous ne cherchons pas des partenaires purement financiers, mais stratégiques, comme ceux que nous comptons déjà - MPT (Medical Properties Trust, 8,9%), Visana (11,1%) et l'hôpital cantonal d'Aarau (KSA, 3,7%).

AWP: A ce jour, vous avez mis en place trois réseaux de soins intégrés dans trois régions linguistiques différentes, quelle est la suite? Après la périphérie, prévoyez-vous de vous implanter en zone urbaine?

Fabrice Zumbrunnen, directeur général (CEO): Oui, nous prévoyons un quatrième réseau l'an prochain dans la région de Berne, soit en zone d'agglomération. Le succès des trois premiers, implantés dans des régions linguistiques différentes, prouve notre agilité et l'adaptabilité du modèle.

Ce dernier, qui promeut une vision holistique de la santé et du parcours de soins - de la prévention à la réhabilitation - fait par ailleurs ses preuves. Les coûts générés par nos assurés (Viva) sont inférieurs de 11% à ceux d'autres assurés. Le taux d'hospitalisation a par ailleurs fortement baissé, tandis que les hospitalisations à domicile sont favorisées. En outre, les primes restent stables et ont beaucoup moins progressé que les moyennes cantonales.

A. H. : Rien n'exclut que nous mettions en place un tel réseau à Genève, par exemple. Il y aurait toutefois tout un travail d'information et d'éducation en amont, y compris au monde politique. Les soins intégrés permettent d'éviter que la population ne se rue pas aux urgences au moindre problème. Notre système en réseau permet l'aiguillage auprès du bon interlocuteur ou prestataire de soins.

AWP: Au sujet de l'actualité plus brûlante, au plan international, de quelle manière le conflit au Moyen-Orient affecte-t-il la marche de vos affaires - prix de l'énergie, baisse des perspectives touristiques?

A. H. : La hausse des prix de l'énergie n'ont à ce stade pas une incidence majeure. Nous nous attendons à des répercussions dans l'hôtellerie, qu'il est cependant encore difficile d'évaluer. Nous observons des annulations, mais aussi des réservations de clients qui optent habituellement pour l'Asie. Jusqu'ici, la marche de nos affaires ne s'en trouve pas affectée, nous ne sommes pas en retard par rapport à 2025.

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