Les ministres des Finances du Kenya, de l'Ouganda et de la Tanzanie présenteront jeudi leurs budgets pour l'exercice 2026/27 devant leurs parlements respectifs. Les investisseurs scruteront de près les mesures destinées à protéger les économies locales contre les chocs inflationnistes liés au conflit au Moyen-Orient, tout en maintenant la trajectoire d'endettement sous contrôle.

L'Afrique de l'Est est jugée particulièrement vulnérable aux répercussions de la guerre en raison de sa dépendance aux importations de pétrole et d'engrais. Ces inquiétudes ont d'ailleurs conduit la Banque africaine de développement à réduire de 0,5 point de pourcentage ses prévisions de croissance pour la région cette année.

Les exercices budgétaires en Afrique de l'Est s'étendent de juillet à juin.

KENYA : LES MARCHÉS ATTENDENT UNE 'TRAJECTOIRE BUDGÉTAIRE CRÉDIBLE'

Au Kenya, première puissance économique de la région, les marchés observeront comment le ministre des Finances, John Mbadi, parviendra à arbitrer entre le remboursement d'une dette élevée, le ralentissement de la croissance, une réduction temporaire des taxes pétrolières et un déficit budgétaire béant.

Le pays a été secoué par des manifestations meurtrières contre la cherté des carburants.

'Le Trésor a systématiquement manqué ses objectifs budgétaires ces dernières années et le solde budgétaire est resté en déficit primaire, ce qui s'avère insuffisant pour stabiliser la dette publique et restaurer la confiance des marchés', a déclaré Andrew Matheny, économiste senior chez Goldman Sachs.

'Les marchés chercheront les signes d'une trajectoire budgétaire plus crédible, reposant soit sur des coupes dans les dépenses, soit sur de véritables mesures de recettes permettant de réduire le déficit.'

Le ministère des Finances a projeté au début du mois un déficit budgétaire de 5,4% du PIB pour l'exercice débutant le mois prochain, un chiffre en léger retrait par rapport au déficit estimé à 6,4% pour l'exercice en cours.

Le président William Ruto, qui briguera un nouveau mandat en août prochain, a affirmé que son gouvernement avait permis d'eviter un défaut de paiement au cours de ses deux premières années de mandat.

Il s'est également efforcé de doper les recettes via un renforcement de la collecte fiscale, bien que les agences gouvernementales déplorent des retards de financement et que les ménages dénoncent une pression fiscale accrue sur leurs revenus.

OUGANDA : LES PLANS BUDGÉTAIRES MENACÉS PAR LES PRIX DU CARBURANT

En Ouganda, les analystes avertissent que le choc sur les prix du carburant induit par les tensions avec l'Iran pourrait fragiliser les plans de dépenses publiques.

'Nous ne devrions pas tabler sur un retour à la normale ; il est donc crucial de disposer de mesures d'atténuation des chocs', a souligné Enock Nyorekwa Twinoburyo, professeur d'économie à l'université de Makerere.

La hausse des cours du brut accroît la demande de devises étrangères, a-t-il précisé, 'et cela s'est manifesté par un choc de change'.