Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déposé vendredi une requête en urgence devant les tribunaux afin de tenter de bloquer le lancement d'une procédure parlementaire de destitution. Cette enquête porte sur les allégations liées au scandale dit du « Farmgate », selon des documents judiciaires consultés.

o M. Ramaphosa demande à la Haute Cour de statuer préalablement sur un autre recours qu'il a introduit visant à faire annuler les conclusions d'un panel indépendant. Ce rapport concluait à des fautes professionnelles concernant l'affaire du vol de liasses de billets dissimulées dans un canapé de sa ferme en 2020.

o Le président a déclaré que les 580 000 dollars en espèces dérobés provenaient de la vente de buffles. Cependant, l'affaire a soulevé des interrogations sur les raisons pour lesquelles ces fonds étaient cachés dans du mobilier et s'ils avaient été dûment déclarés. Cyril Ramaphosa a toujours nié toute malversation.

o Le mois dernier, la Cour constitutionnelle d'Afrique du Sud a relancé la procédure de destitution contre le chef de l'État, jugeant invalide le vote parlementaire de 2022 qui avait mis fin au processus.

o La Haute Cour doit examiner son recours contre les conclusions du panel indépendant du 2 au 4 septembre prochain.

o Âgé de 73 ans, Cyril Ramaphosa est à la tête de l'État depuis 2018. Son second mandat présidentiel doit s'achever en 2029.

o Le « Farmgate » constitue un sérieux revers politique pour le président, qui a accédé au pouvoir en promettant de lutter contre la corruption et de restaurer l'image de son parti, le Congrès national africain (ANC).

o Toutefois, les analystes politiques estiment qu'il devrait conserver son poste si la procédure de destitution est soumise au vote du Parlement.