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Londres (awp/afp) - Le cours de l'or a brutalement chuté mardi et mercredi, les investisseurs ayant vendu pour engranger des bénéfices en période de relative accalmie dans les relations commerciales sino-américaines.

Le recul de la demande pour le métal précieux est survenu après un accord entre Pékin et Washington pour mener de nouvelles négociations, le président Donald Trump estimant que les droits de douane supplémentaires de 100% dont il a menacé la Chine n'étaient "pas viables".

Après avoir atteint un nouveau record lundi, à 4.381,52 dollars l'once, l'or a donc "subi des prises de bénéfices", explique à l'AFP Laurent Schwartz, président du Comptoir national de l'or.

Le recul de l'or a été conforté par "un ralentissement de la demande physique des principaux acheteurs asiatiques après Diwali", la fête hindoue des lumières, traditionnellement synonyme d'achats de lingots et de bijoux en or, précise Ole Hansen, de Saxo Bank.

Au plus bas de la séance mardi, l'or perdait 6,3% par rapport à la clôture de la veille, un niveau de baisse qui n'avait pas été observé depuis avril 2013, selon Bloomberg. Il s'agissait à l'époque d'un ralentissement inattendu de la croissance chinoise.

L'argent, autre actif de réserve, est également tombé mardi de plus de 8,6% en séance, une chute inédite depuis 2021.

Malgré la volatilité actuelle des prix, l'or reste "l'actif de référence des investisseurs mondiaux" qui sont "en quête de protection contre les inquiétudes liées aux dettes souveraines, les tensions commerciales et géopolitiques, ainsi que l'inflation", tempère Ipek Ozkardeskaya, analyste à Swissquote, qui s'attend à ce qu'il continue de grimper à plus long terme.

Vers 14H15 GMT (16H15 à Paris), l'once d'or (31,1 g) s'échangeait à Londres à 4.117,13 dollars, contre 4.251,82 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

- Le cuivre fortissimo -

Le cours du cuivre a grimpé cette semaine, encouragé par les conclusions du plénum du comité central du Parti communiste chinois qui ont mis l'accent sur un développement économique "rapide" du pays.

"Les prix du cuivre ont augmenté grâce aux espoirs suscités par les mesures de relance budgétaire prévues dans le nouveau plan quinquennal de la Chine", explique J.P. Steiner analyste à ADM Investors Services.

Pékin veut employer les grands moyens pour développer les hautes technologies émergentes afin de transformer son industrie et assurer une croissance forte dans les années à venir, ont indiqué vendredi de hauts responsables politiques en présentant la substance du plan quinquennal 2026-2030.

Métal essentiel à l'industrie, le cuivre est une ressource clé pour les ambitions de la Chine, de très loin le premier importateur de minerai de cuivre et producteur de cuivre raffiné.

Le métal rouge a aussi connu des pressions haussières cette année avec des incidents dans des mines majeures en Indonésie et au Chili limitant la production.

Le cuivre se rapproche progressivement d'un plus haut niveau historique atteint en mai 2024 à 11.104,50 dollars la tonne.

Vendredi, sur le LME, une tonne de cuivre coûtait 10.889 dollars, contre 10.604,50 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

- Le cacao inquiète -

Les cours du cacao ont fortement progressé cette semaine, avec des inquiétudes sur la récolte en Côte d'Ivoire et après la proposition de la Commission européenne d'assouplir sa loi contre la déforestation mais de réduire le délai de mise en place, deux facteurs de nature à réduire l'offre disponible.

Ce texte emblématique, jugé pionnier par les ONG environnementales, vise à interdire la commercialisation en Europe de produits comme l'huile de palme, le cacao, le café, le soja et le bois issus de terres déboisées après 2020.

En adoptant un délai de six mois au lieu d'un an, l'Union européenne augmente "la possibilité de perturbations sur l'approvisionnement (en cacao) l'année prochaine", affirme Mark Bowman d'ADM Investors Services.

Par ailleurs, "le démarrage lent des arrivées de cacao en Côte d'Ivoire inquiète les opérateurs de marché, qui craignent que la production ne soit pas aussi forte qu'annoncé récemment" dans ce pays d'Afrique de l'Ouest qui est le premier producteur mondial de cacao, explique l'analyste.

Selon lui, cette crainte s'accompagne "de rapports faisant état de fèves de mauvaise qualité".

A Londres, la tonne de cacao pour livraison en mars valait 4.572 livres vendredi, contre 4.161 livres une semaine plus tôt en fin de séance.

A New York, la tonne pour livraison en décembre s'échangeait à 6.314 dollars, contre 5.895 dollars vendredi dernier à la clôture.

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